Éthiopie: à l’Addis Jazz Festival 2026, vieille garde et nouvelle génération du jazz sur scène

Pendant trois jours s’est tenu dans la capitale de l’Éthiopie l’Addis Jazz Festival. Pour sa cinquième édition, l’événement a accueilli les légendes de l’éthio-jazz, comme Girma Beyene, mais a aussi fait la part belle à une nouvelle génération d’artistes éthiopiens.
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Avec notre correspondante à Addis-Abeba, Marlène Panara
Sur la scène dressée devant un public venu en masse, les six musiciens du Wudasse Band, vêtus de tenues blanches traditionnelles, lancent le festival. Depuis leur premier album en 2009, le groupe réinterprète les mélodies traditionnelles d’Éthiopie à travers le prisme du jazz, du rock et de la fusion.
Jorga Mesfin, saxophoniste du groupe, revient sur ses inspirations. « Pour ce qui est des nouveautés musicales, j’écoute toujours la radio pour savoir ce que les jeunes écoutent eux-mêmes en ce moment, souligne-t-il. Aujourd’hui, on a tellement de choix en matière de musique : il suffit de mettre YouTube pour écouter des morceaux de tous les pays. L’immensité des choix est impressionnante ».
« Aujourd’hui, il y a des artistes de 18 à 85 ans »
Pour les organisateurs de l’Addis Jazz Festival, faire côtoyer la nouvelle génération de jazzmans éthiopiens est indispensable à la survie de ce style musical, né à la fin des années 1950.
Johan Egeblad, en charge de l’événement, affirme : « Je trouve la jeune génération ici très intéressante, car elle s’inspire des légendes, et on retrouve ces influences dans leur musique. Mais bien sûr, elle crée son propre style. Et comme vous pouvez le constater, aujourd’hui, il y a des artistes de 18 à 85 ans. C’est très beau à voir, c’est cela qui unit les gens. »
Tout au long du festival, des DJ sets étaient aussi organisés entre les concerts, dans le but, là encore, d’attirer un nouveau public.
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Jazz éthiopien: «De nouvelles influences ont été introduites, on est davantage sur de la musique fusion»
Pour évoluer avec son temps, ces dernières années, le jazz éthiopien s’est enrichi de nouvelles influences musicales. Abegasu Shiota, producteur de nombreux artistes éthiopiens et qui a travaillé sur une centaine d’albums, explique cette révolution : « À la base, c’est la même musique, le même ADN, mais aujourd’hui, c’est interprété différemment. De nouvelles influences ont été introduites, comme la musique occidentale ou d’autres musiques du monde entier. C’est un mélange de rythmes contemporains, comme ce son afropop qui apparaît de temps en temps. Récemment, on a introduit aussi de nombreuses technologies de sampling. Des créations de DJ apparaissent de temps en temps. » Il poursuit : « Il y a aussi une influence plus marquée des boîtes à rythmes, des beats intégrés aux arrangements. Donc, oui, le son est plus contemporain, en phase avec la scène musicale mondiale. On est donc plus aujourd’hui sur de la musique fusion. Je pense que c’est une adaptation, un ajustement pour susciter davantage l’intérêt des jeunes pour la musique. »



