Afrique: Négociations quadripartites à Madrid – Trump dans les sables mouvants du Sahara occidental

Journée dominicale bien studieuse pour les ministres des Affaires étrangères du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie, du Front Polisario et les envoyés spéciaux du président américain, Massad Boulos et Michael Waltz !

Réunis à l’ambassade américaine à Madrid, ils se sont penchés sur l’avenir du Sahara Occidental. Un premier round, à en croire des confrères marocains, a eu lieu il y a 2 semaines à Washington. Sans qu’on en connaisse les conclusions, le parrain américain de ces pourparlers, autant dire Donald Trump, remet le couvert, réchauffant un plat, ou plutôt dépoussiérant un dossier épineux pour l’Union africaine et l’ONU, vieux de 35 ans au moins.

Plus d’un observateur s’interroge alors : que diable l’Oncle Sam vient-il chercher dans cette galère du Sahara occidental ? Outre la volonté politique de marquer d’une empreinte indélébile son 2e mandat à la Maison Blanche, voire l’histoire mondiale, Donald Trump renifle le bisness partout, y compris sous le sable saharaoui et ses côtes poissonneuses, potentiellement pétrolifère.

En s’alignant sur les positions marocaines pour presser le gouvernement algérien et leurs filleuls du Polisario de participer à ces négociations sur le statut de cette ancienne colonie espagnole, Donald Trump joue sur 2 tableaux : renforcer l’influence américaine et israélienne au Maghreb et au Nord du golf de Guinée ; protéger les intérêts économiques présents et futurs des États-Unis dans ces 2 régions.


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La réunion de Madrid sur cette patate chaude que l’UA a refilé à l’ONU depuis la fin des années 1980, confirme la volonté de Donald Trump de jouer le « faiseur de paix » en lieu et place d’institutions inefficaces à le faire, parce que frappées d’obsolescence devant les mutations rapides de la géopolitique mondiale.

De fait, le représentant spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, jouait les figurants à Madrid. L’Union africaine, sauf erreur ou omission, n’y était même pas invitée. Quant au Maroc, il boit du petit lait sur ce dossier depuis que l’Union européenne, la France, les ÉtatsUnis, l’Allemagne, Israël et les pays du Golf soutiennent ouvertement la souveraineté marocaine sur les territoires du Sahara occidental.

De fait, à ce deuxième round des négociations, l’Algérie et les indépendantistes du Front Polisario sont venus sur la défensive face à une diplomatie marocaine qui mène largement au point sur ce dossier. C’est du reste sur la proposition d’une grande autonomie de ces territoires, récemment étoffée par le Maroc, sur la demande de l’Union européenne, des Etats-Unis et de la France, que les négociateurs devraient plancher hier dans la capitale espagnole.

Au moment où nous mettions sous presse, les conclusions de cette réunion n’étaient pas connues, mais plus d’un analyste subodorait que l’Algérie et ses partenaires du Front Polisario opposeraient au Maroc et aux Etats-Unis, la tenue d’un référendum sur l’indépendance des territoires querellés.

Ce referendum devrait s’être tenu depuis 1991, selon plusieurs résolutions de l’ONU et décisions de l’Union africaine. Le Maroc s’y est toujours opposé arguant qu’il remet en cause sa souveraineté historique sur ces territoires. Aujourd’hui que les États- Unis, l’Union européenne et les États du Golf le soutiennent, il est fort à parier qu’il restera arcbouté à cette position initiale. Si oui, Donald Trump a vite fait d’écarter l’ONU et l’Union africaine du règlement de ce différend, mais il est loin de le résoudre, vite fait bien fait.

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