Le président du Nigeria ordonne le déploiement de l'armée après le massacre de 162 personnes

Le président du Nigeria a ordonné le déploiement de l’armée dans une zone du centre-ouest où une attaque a fait au moins 162 morts mardi, et a accusé les jihadistes de Boko Haram d’en être responsables.
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Au Nigeria, après l’attaque survenue mardi soir dans le village de Woro, dans le centre-ouest du pays, le dernier bilan fait état de 162 morts. Mercredi 4 février 2025, au soir, le gouverneur de l’État de Kwara mais aussi le président nigérian se sont exprimés.
Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi par Bayo Onanuga, conseiller spécial du chef de l’État nigérian, Bola Tinubu ordonne l’envoi d’un bataillon militaire dans la localité de Kaiama, dans l’est de l’État de Kwara, et accuse le groupe jihadiste Boko Haram d’être responsable d’un des massacres les plus violents au Nigeria ces derniers mois.
L’opération, nommée Savannah Shield, aura pour but de mettre hors d’état de nuire les terroristes et de protéger les communautés sans défense, peut-on lire dans le texte.
Le président nigérian s’est également exprimé au sujet des victimes : « Il est louable que les membres de la communauté, bien que musulmans, aient refusé d’être enrôlés dans une croyance étrange qui prônait la violence plutôt que la paix et le dialogue. »
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Le gouverneur de Kwara apporte son soutien aux habitants
Mercredi soir, le gouverneur de Kwara, Abdul Rahman Abdul Razaq, s’est rendu à Kaiama pour apporter son soutien aux habitants de la circonscription, et a souligné dans une vidéo que le village de Woro a « refusé de céder à une forme provocatrice de doctrine islamique ».
Le Nigeria, pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole d’Afrique, fait face depuis 2009 à une insurrection jihadiste dans le nord-est menée par Boko Haram et son rival l’État islamique en Afrique de l’Ouest, tandis que des groupes armés criminels sévissent dans le nord-ouest et le centre-nord, auxquels se sont ajoutés des mouvements jihadistes locaux comme Lakurawa et Mahmuda.
L’insécurité au Nigeria est devenue un sujet d’intérêt pour les États-Unis, dont le président Donald Trump affirme que les chrétiens du Nigeria sont « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes ». Abuja et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant indifféremment, en général, chrétiens et musulmans.
L’ONU condamne fermement l’attaque terroriste
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres « condamne fermement » l’attaque terroriste, selon un communiqué de son porte-parole Stéphane Dujarric. Le chef de l’ONU « réaffirme la solidarité des Nations Unies envers le gouvernement et le peuple du Nigeria dans leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent, et souligne l’importance de traduire les auteurs en justice », poursuit le texte.
L’armée américaine a mené des frappes dans l’État de Sokoto le jour de Noël, visant, selon elle, des membres de l’État islamique. Depuis, la coopération militaire entre les deux pays s’est renforcée avec la fourniture d’armement des États-Unis au Nigeria, le partage de renseignements et le déploiement d’une équipe de militaires américains chargée d’assister l’armée nigériane.



