Les États-Unis réactivent l’Agoa pour un an: l’Afrique du Sud à l’épreuve de ses relations avec Washington

Les États-Unis ont réactivé mardi 2 février l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) pour une durée d’un an. Adoptée au début des années 2000, l’Agoa permet aux pays africains éligibles d’exporter vers les États-Unis certains produits sans droits de douane. Cette réactivation est un soulagement, notamment pour les pays exportateurs de produits agricoles et manufacturiers.  Parmi eux, l’Afrique du Sud est celui qui en profitait le plus. Un soulagement donc pour la nation arc-en-ciel, mais qui amène son lot d’incertitudes.

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Avec notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès

En Afrique du Sud, ce renouvellement est reçu comme un signal positif. « Notre plus gros marché, ce sont les États-Unis — pas en termes de volumes, mais en termes de qualité », explique Terry Gale, président d’une organisation soutenant les exportateurs dans la région du Cap-Occidental. « Nous sommes très enthousiastes, car cela nous offre davantage d’opportunités pour négocier », ajoute-t-il.

Si l’annonce a été saluée par le ministre sud-africain du Commerce, celui-ci regrette toutefois que la mesure ne s’applique que jusqu’à la fin de l’année.

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Des droits de douane de 30% toujours en vigueur

Autre point noir : les taxes imposées unilatéralement par l’administration Trump sur plusieurs secteurs sud-africains restent en place. Une situation qui réduit considérablement l’impact positif de l’Agoa, selon Chiedza Madzima, analyste chez BMI-Fitch Solutions.

« L’avantage gagné est en réalité très marginal. Il bénéficiera probablement d’abord au secteur agricole. Mais des droits de douane de 30 % continuent de s’appliquer à un large éventail de produits », souligne-t-il. « La pression exercée par ces droits de douane dits « réciproques » reste le principal problème non résolu ».

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Le risque d’une exclusion à terme

Il existe aussi le risque que l’Afrique du Sud soit, à l’avenir, exclue du programme, si ses relations avec les États-Unis continuent de se détériorer. Tout cela représente beaucoup d’incertitudes selon Chiedza Madzima. « Ça ne suffira pas à rassurer les investisseurs, ils ne vont pas placer leurs capitaux sur les bases d’un accord commercial qui ne durera pas longtemps », estime-t-il.

Le gouvernement sud-africain entend donc continuer ses négociations avec Washington, afin de trouver un accord bilatéral sur le long terme. 

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