Libye: des positions du camp Haftar attaquées dans le sud du pays

En Libye, l’attaque surprise menée samedi 31 janvier par un groupe armé contre plusieurs positions militaires de l’Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, à la frontière avec le Niger dans le sud libyen, est, selon plusieurs experts, un « développement inhabituel » qui pourrait être lié à l’attaque de l’aéroport de Niamey, au Niger, dans la nuit 28 au 29 janvier, et au dossier soudanais.
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Le groupe armé qui a pour nom Les révolutionnaires du sud libyen a pris pour une courte durée samedi 31 janvier, le contrôle du point de passage principal Touma, menant au Niger, ainsi que d’autres points sensibles à la frontière. Ce groupe a été cependant vite délogé de ses positions par l’Armée nationale libyenne (ANL) qui a usé de l’aviation, tuant plusieurs membres de ce groupe et en emprisonnant plus d’une vingtaine.
Dans un communiqué de l’ANL, les membres du groupe armé sont désignés comme des « mercenaires soutenus par l’étranger et par Tripoli » qui cherchent à menacer la sécurité à la frontière. L’ANL a montré des vidéos de capture des membres de ce groupe, « des Tchadiens », selon l’ANL qui confirme vouloir frapper de toute force les tentatives de déstabilisation au sud. Elle reconnait avoir perdu trois hommes et plusieurs de ses combattants sont aux mains de ce groupe.
Le conflit au Soudan en arrière-plan
Les révolutionnaires du sud libyen sont conduits par Mohamad Wardagou Mahdi, qui a participé, avec son frère décédé depuis, au soulèvement du 17 février 2011 contre le régime de Kadhafi. Il dirige en même temps le Conseil militaire de Mourzouk, de tendance islamiste, et s’oppose au maréchal Khalifa Haftar dont les photos ont été déchirées par ce groupe. Wardagou Mahdi accuse l’ANL de corruption et dénonce le manque permanent de carburant dans le sud libyen, évoquant la marginalisation de cette région. « Nous ne nous sommes pas révoltés contre un dictateur pour en avoir un autre » affirme-t-il dans une vidéo récente.
Selon plusieurs rapports, de l’ONU et des ONG, l’ANL envoie des tonnes de carburant aux Forces de soutien rapides (FSR) au Soudan depuis plus de deux ans. L’Égypte et l’Arabie saoudite ont adressé de multiples mises en garde au maréchal Khalifa Haftar pour qu’il cesse d’acheminer les aides militaires des Émirats arabes unis aux paramilitaires soudanais, mais sans succès.
Ce développement intervient également, peu de temps après une rencontre secrète qui a eu lieu, à Paris, durant la dernière semaine de janvier, entre le numéro deux de l’ANL, Saddam Haftar et Ibrahim Dbeibah, le conseiller principal du Premier ministre libyen, pour discuter d’un possible rapprochement sous l’impulsion de Washington.
Masaad Boulos, le conseiller américain pour l’Afrique s’est rendu récemment en Libye dans le cadre d’une tournée en Afrique du Nord.



