Samba Peuzzi: «Culture», l’album qui célèbre la diversité de la musique sénégalaise

Le rappeur sénégalais Samba Tine, alias Samba Peuzzi, débarque avec un deuxième album Culture, sorti le 16 janvier. A 30 ans, celui qui a fait ses premiers pas dans la musique en 2014 en free-style sur des scènes ouvertes d’école est désormais un nom incontournable de la musique sénégalaise, il est reconnu dans les rues du pays.
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Très attendu après la sortie de l’album Sénégal boy en 2020, Samba Peuzzi revient avec un nouvel opus intitulé Culture. A cette occasion, on le retrouve dans son fief en banlieue de Dakar, à Diamaguène, entouré de son équipe – des jeunes gens qui sont pour la plupart des amis d’enfance – pour parler de ces nouveaux morceaux riches en influences et en sonorités, rap, mbalax traditionnel ou encore afrobeats…
RFI Musique : Pourquoi avoir choisi ce titre « Culture », pour votre nouvel album ?
Samba Peuzzi : On a essayé de faire mieux connaître le Sénégal et sa culture qui est très vaste. J’essaye en fait de fusionner la musique d’hier et la musique d’aujourd’hui. Dans les sons il y a beaucoup de références, comme à Youssou N’Dour sur le morceau « Loumasaf » ou sur « Diexoul ». Voir des jeunes chanter ces chansons, ça me fait plaisir. C’était ça le but : amener les sons d’hier et les faire comprendre aux jeunes d’aujourd’hui, et de garder nos traditions, et mettre en valeur la culture sénégalaise. Mais on a aussi essayé de créer. On a aussi voulu montrer comment vit la jeunesse et comment elle perçoit la musique aujourd’hui.
On retrouve vos racines rap, des influences mbalax, mais sur ces dix-huit titres des sonorités qui dépassent les frontières du Sénégal comme l’afrobeats nigérian… C’est la recette du succès ?
Pour moi dans la musique, il ne faut pas avoir de barrières, il faut s’adapter. L’afrobeats est incontournable en ce moment, et faire un projet sans avoir un son afrobeats, c’est compliqué. Pour le mbalax, comme je veux être un ambassadeur de la musique sénégalaise comme Youssou N’Dour, j’en utilise forcément, mais je m’adapte, je fusionne. Il y a aussi des sonorités hip hop, ou trap sur certains morceaux. Je veux qu’un Américain qui écoute l’album, ça lui parle aussi.
Quelles sont vos influences en général, et en particulier sur ce nouvel opus ?
Il y a d’abord Ngongo Lo, un artiste mbalax, que les grands du quartier écoutaient et auquel je m’identifiais beaucoup. Et puis le rappeur Dip Doundou Guiss a été un modèle pour moi, car j’ai vu que la musique pouvait être un vrai travail et il m’a beaucoup aidé. Ces derniers mois, j’ai aussi beaucoup écouté d’émissions sur l’histoire sénégalaise sur la RTS, comme les histoires de Lat Dior ou d’autres personnages incontournables. J’ai compris qu’au Sénégal, on a un grand patrimoine à mettre en valeur et à faire connaître. Il faut faire des recherches, ce que je commence à faire… Ça va encore plus se sentir sur mes prochains projets.
Pouvez-vous nous parler d’un titre en particulier qui vous touche, par exemple « Pambal » ?
Pambal, c’est le nom de mon village d’origine. Donc là, je mets en valeur mes racines. C’est là d’où vient mon père, il a été enterré là-bas, je veux leur dire que je ne les ai pas oubliés malgré le succès et la vie à Dakar, et dire aux jeunes de là-bas qu’ils peuvent s’en sortir. J’aime aussi beaucoup « Shine like a star », car quand j’ai commencé c’était dur, on ne croyait pas trop en moi, on ne me comprenait pas. Je ne leur en veux pas aujourd’hui. Mais maintenant on peut dire que ça va. Quand je sors, on me demande toujours des photos… Je suis devenu une star.
Et puis il y a aussi « FNK », « menteur » en français, que j’ai fait en reggae pour essayer de conscientiser la population sur le fait qu’il y a beaucoup de gens qui désinforment la population, ou qui essayent de détruire la réputation d’autres gens pour de l’argent, surtout sur Tiktok. Il faut bien réfléchir à qui on fait confiance. J’ai essayé de faire un beat un peu dansant et un texte drôle.

Votre dernier album est sorti il y a 6 ans déjà, pouvez-vous nous expliquer comment est né Culture ?
C’est un projet sur le long cours. Certains sons, je les ai écrits il y a 3 ans, d’autres, il y a 6 mois. Certains ont été écrits ici à Dakar, d’autres en France ou au Canada. J’ai suivi mon inspiration et tous mes morceaux viennent du cœur. Il n’y a pas que du marketing. Si je me levais un matin en me disant : « je suis d’humeur joyeuse », j’allais au studio et je faisais un son. C’est vraiment mon projet idéal et je veux montrer aussi aux gens que je peux tout faire.
Malgré tout, vous vivez avec votre temps et misez beaucoup sur le marketing et les réseaux sociaux pour promouvoir votre musique, vous avez plus d’1 million de followers sur instagram par exemple… Pour vous, c’est indispensable aujourd’hui ?
Sans les réseaux sociaux, je pense que je ne serai pas là où je suis aujourd’hui. J’ai appris beaucoup de choses là-bas, sur les beats par exemple. Internet brise les barrières, on est vraiment tous dans le même monde grâce à ces plateformes. Il faut juste éduquer les gens.
Que peut-on vous souhaiter pour cette année ?
On a déjà une date de programmée début février au Canada. Pour la suite, on aimerait refaire des concerts au Sénégal, et mon objectif principal, ce serait la Cigale à Paris !
Samba Peuzzi Culture (Senegal Boy Culture) 2026
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