Togo: Données numériques – L'État impose de nouvelles exigences aux opérateurs

Le Togo entend renforcer sa souveraineté numérique. À travers l’Instance de protection des données à caractère personnel (IPDCP), les autorités veulent obliger les opérateurs du numérique à stocker les données des utilisateurs.
Une ambition portée par le président de l’IPDCP, le colonel Bédiani Béléi, qui revient sur les enjeux, les premières plaintes reçues et les priorités à venir.
Que recouvre exactement la notion de données à caractère personnel ?
Il s’agit de toute information liée à l’identité d’une personne : nom, prénom, numéro de téléphone, données bancaires, données de santé, image, etc. Ce sont souvent des informations sensibles qui doivent être protégées. Les responsables de traitement ont quatre obligations majeures : la confidentialité, la sécurité, la conservation et la pérennité des données.
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Pourquoi cette forte mobilisation autour de la protection des données ?
La loi sur la protection des données a été adoptée en 2019, l’instance a été organisée en 2020 et les activités ont réellement démarré en mars 2025. La culture de la protection des données n’est pas encore ancrée au Togo. Il faut la construire. Le numérique comporte de réels dangers pour la vie privée, d’où l’importance de la sensibilisation.
Avez-vous déjà reçu des plaintes ?
Colonel Bédiani Béléi : espionner les travailleurs. Elles sont autorisées uniquement à des fins de sécurité. Nous avons orienté le plaignant vers le tribunal du travail.
Nous recevons aussi des demandes d’autorisation de traitement et de transfert de données personnelles à l’international. Même si nos capacités techniques sont encore limitées, nous accompagnons les acteurs. L’objectif final reste clair : imposer le stockage des données personnelles des Togolais au Togo. Les données sont une richesse stratégique, au même titre que le pétrole.
Quelles sont les priorités pour l’année à venir ?
En 2026, l’IPDCP veut s’imposer comme un régulateur de confiance. Nos priorités portent sur le renforcement du cadre juridique, la sensibilisation des citoyens, la formation des acteurs, le développement de partenariats institutionnels et l’adaptation de la réglementation aux nouveaux défis numériques.




