Ligue 1: sur les traces d'Ilan Kebbal, le gamin de Marseille qui brille au Paris FC

Meilleur buteur et passeur du Paris FC, l’international algérien guidera encore le promu contre l’OM samedi 31 janvier 2025. Un match particulier pour le milieu offensif de 27 ans, né à Marseille et formé – comme son coéquipier Maxime Lopez ou le champion d’Afrique Antoine Mendy – au Burel FC.

Dans les quartiers nord de Marseille, Ilan Kebbal a laissé de grands souvenirs, et beaucoup de fierté pour ceux qui l’ont vu grandir. Pas grand-chose n’a changé au petit stade Egiste Morini, dans le 13e arrondissement de la cité phocéenne, depuis les premiers pas d’Ilan Kebbal ballon au pied, exceptée la pelouse, désormais synthétique.

« Le terrain n’était pas comme ça, autrefois il était en terre », raconte Serge Obré. Sous le soleil, avec un léger mistral, le directeur sportif du Burel (350 licenciés) dirige la séance des moins de six ans, qui découvrent le football dans ce club familial, à l’instar d’Ilan Kebbal avant eux. « Il faut que tu tires avec cette partie du pied ! (le plat du pied) », conseille-t-il à celui qui vient de manquer plusieurs fois le cadre. 

« L’enfant du Burel », comme le désigne son ancien éducateur, a quitté le club à la fin de l’adolescence, douze ans après ses débuts. Entre-temps, sa mère a longtemps occupé le poste de secrétaire du club.

Serge Obré, dirigeant du Burel FC.
Serge Obré, dirigeant du Burel FC. © victor Missistrano

Gardien de but, son tout premier choix

Si le milieu offensif du Paris FC électrise la Ligue 1 cette saison (7 buts, 4 passes décisives), c’est plutôt dans les cages et avec les gants qu’il pensait s’amuser lorsqu’il a commencé le football. « Quand on l’a accueilli, le petit, il voulait faire gardien de but. On s’est rapidement aperçu qu’il avait des qualités autres que pour être gardien », se souvient Serge Obré en souriant, pendant que ses protégés s’affrontent dans le calme en trois contre trois, avec des buts délimités par des plots, sous le regard des parents.

De l’autre côté du terrain, Gaëtan Marchi s’occupe des moins de 8 ans. Il abonde : « Déjà tout petit, c’était un super joueur ». Aujourd’hui éducateur, celui qu’on surnomme « Galette » – pour une prétendue ressemblance avec l’entraîneur Christophe Galtier – a passé de longues années avec Ilan Kebbal comme coéquipier. « Il a un an de moins que moi, mais comme il était souvent surclassé, on a joué ensemble. Ce qui m’a le plus marqué, c’est son caractère. C’est ça qui a fait la différence : il était sûr de lui et avait confiance. »

Car le parcours d’Ilan Kebbal vers le monde professionnel n’a rien de linéaire. Trop petit, trop frêle, le jeune prodige se fait recaler par une bonne vingtaine de centres de formation, dont celui de l’OM. Sans jamais abandonner.

« Il nous régalait de buts insensés »

Le Burel FC a donc profité du talent de sa pépite plus longtemps que prévu. « Tous les dimanches ici, c’était un régal permanent pour les spectateurs. On se déplaçait pour le voir. Il nous régalait de buts insensés », se remémore Serge Obré. « Les gestes que vous le voyez réaliser aujourd’hui, il les a très tôt maîtrisés. Cette roulette, cette feinte de frappe avant de partir sur le côté, ce ballon qu’il emmène avec la semelle… il faisait ça depuis tout petit. »

La saison en moins de 17 ans fait office de déclic : « Il était au sommet de son art », selon le directeur sportif du Burel. Ilan Kebbal, et son compère Gaëtan Marchi filent ensuite disputer une saison à Marignane, tout près de Marseille. « Le vendredi, on allait à l’entraînement en voiture et on parlait beaucoup. C’est dans ces moments-là que je me disais : ‘‘c’est obligé qu’il réussisse, ce mec’’, parce que même s’il était plus jeune, c’est lui qui me raisonnait », expose Gaëtan Marchi pour louer sa persévérance et sa maturité. « On ne l’a jamais recalé pour son talent. Toujours pour sa taille. Ça a pu être un complexe, mais il a su utiliser tout ça pour en faire une force », ajoute-t-il.

L’année suivante, à 18 ans, Ilan Kebbal intègre – enfin – un centre de formation, celui des Girondins de Bordeaux. Si leurs carrières ont pris des tournures différentes, les deux hommes sont toujours amis. « Lui, s’il a 20 euros dans la poche, il peut t’en donner 18 et garder 2 euros pour lui. Il a un grand cœur. C’est vraiment quelqu’un de bien », sourit Gaëtan Marchi.

« Pas le PSG non plus ! »

Après des passages à Reims, à Lyon et Dunkerque, c’est au Paris FC que l’enfant de Marseille a posé ses valises pour véritablement lancer sa carrière.

Grand artisan de la monté dans l’élite, il est le véritable moteur du promu cette saison, et a même été élu, fin août 2025, meilleur joueur du mois. Appelé en octobre avec l’Algérie, pays de ses parents, Ilan Kebbal fait partie des candidats sérieux au Prix Marc-Vivien Foé de meilleur africain de Ligue 1.

Une trajectoire qui surprend même son premier formateur au Burel. « On savait qu’il avait un avenir dans le football. On aurait pu dire National 2, National 3… Après, qu’il atteigne le niveau qui est le sien actuellement, non, sincèrement, je n’aurais pas pensé. Même si – et c’est très facile à dire maintenant – on a toujours cru en lui. Je vous assure que moi, j’ai toujours cru en lui. »

Et qu’importe si c’est à Paris que le Marseillais s’épanouit. « Ce n’est pas le PSG non plus ! », rappelle en souriant Gaëtan Marchi. Comme Serge Obré et les Burelois, il est surtout heureux de voir trois enfants de Marseille en Ligue 1. Tous rêvent de voir Ilan Kebbal boucler la boucle en portant, un jour, le maillot de l’Olympique de Marseille.

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close