L'émotion et de sublimes obsessions au cœur des histoires auto-narrées du Live Magazine au Maroc

Quand le monde de la presse rencontre le spectacle vivant, cela s’exprime sur scène avec des photographes, des artistes, des journalistes, des sportifs, ou tous ceux qui ont une belle histoire vraie à raconter, pour établir un lien unique entre le narrateur et son public. Ce concept connaît un grand succès en Belgique et en France. Passée également par Abidjan, la capitale économique ivoirienne, l’équipe du Live Magazine a concocté un nouveau numéro 100% marocain. Après Tanger et Rabat, où le spectacle a connu un beau succès, les sept conteurs vont monter sur scène ce vendredi 30 janvier à Casablanca, pour la dernière performance de ce spectacle éphémère.
De notre correspondant à Casablanca,
« C’était magique. C’était hyper émouvant. Et on en sort hyper riche de tout ce qu’on a entendu », lâche une spectatrice. Dans les loges, la même émotion, si ce n’est plus forte encore, envahit les protagonistes de ce spectacle du Live Magazine qu’ils viennent de donner pour la première fois devant le public tangérois. « C’était super émouvant, même pour nous. J’ai failli pleurer plusieurs fois durant le show », se surprend à reconnaître un conteur. « Tu prends plaisir, c’est le mot. Et aussi le partage », avoue un autre.
Tous sur scène : du photographe au documentariste
Joseph Ouechen est photographe sur scène. Il tire le fil de son histoire, celui d’un aller-retour permanent entre des mondes différents. Du bidonville de sa jeunesse au photographe de mode renommé qu’il est devenu, jusqu’à son intérêt pour les ultras de Casablanca. « C’est la jeunesse qui s’exprime à leur façon. Et c’est deux mondes différents. Mais pour moi, je vois le parallèle entre les deux. Et pour moi, l’habit raconte énormément de choses sur ce pays-là. Mais en même temps, quand je suis dans le stade avec les ultras et tout ça aussi, ce sont des histoires à raconter », explique Joseph Ouechen.
En fait nous sommes tous des « obsessionnels », rigole Zouhair Chebbale, documentariste. Son obsession à lui est douloureuse : il rêve du film qu’il ne pourra jamais réaliser. « Celui de la transhumance estivale de mes parents, de France vers le Maroc lorsque j’étais petit, pendant des dizaines d’années », confie-t-il.
Le réalisateur raconte avec humour, en s’appuyant sur des archives personnelles, son voyage annuel de la France vers le Maroc, dans lequel beaucoup d’enfants d’immigrés se retrouvent. Et celui qui n’a pas l’habitude de monter sur scène embarque le public avec lui. « C’est une première, la scène, car d’habitude, je suis derrière la caméra, donc c’est moi qui presse les gens pour me raconter des histoires. Maintenant, c’est moi qui suis dans l’arène et qui suis obligé de me mettre face à un public et essayer de leur transmettre quelque chose. Donc ce n’est pas évident pour moi. »
« Et donc, qui suis-je réellement ? »
Elle est la seule à être un peu plus habituée à la scène, contrairement aux autres. Meryem Aassid s’amuse pendant les répétions. Journaliste de formation, elle raconte comment son amour pour les chants amazigh l’a conduit à faire émerger un nouveau style, le jazz amazigh : « C’est vraiment moi. C’est moi, Myriam, une jeune fille marocaine, mais qui a écouté du Green Day, du Avril Lavigne et du BB Brunes. J’ai une certaine fusion musicale en moi. Et donc, qui suis-je réellement ? Et c’est là où est apparu le jazz amazigh pour dire que »je suis amazigh, mais »je suis le jazz ». »
Des histoires touchante, inspirantes, où les conteurs se livrent tout en sincérité. Le spectacle de ce samedi soir à Casablanca affiche déjà complet.
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