En visite en Algérie, Ségolène Royal plaide pour une restitution des biens culturels et des archives

Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie, est à Alger depuis le mardi 27 janvier pour rencontrer des responsables algériens hors des canaux diplomatiques. Peu de temps après sa rencontre avec le président Abdelmadjid Tebboune, elle a appelé au dialogue entre les capitales algérienne et française, alors que les relations demeurent tendues.
Publié le :
1 min Temps de lecture
« Il faut faire reculer les postures politiciennes, les provocations, les discours qui déchirent de la part de ceux (…) qui ne veulent pas encore admettre la souveraineté nationale de l’Algérie », a estimé Ségolène Royal peu de temps après avoir rencontré le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, mardi 27 janvier.
Dans un souci de réconcilier les deux pays, et en tant que présidente de l’association France-Algérie, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle considère que la bonne entente entre Alger et Paris relève du « devoir » pour les générations futures.
Pour réparer les pots cassés, la femme politique s’est attardée sur le travail de mémoire et la restitution nécessaires de certains biens culturels et archives aujourd’hui stockées dans différents lieux de l’Hexagone. « La mémoire n’est jamais une rente ni une culpabilité héréditaire. C’est une vérité des blessures et des traumatismes qui doivent être nommés, réparés, excusés, sans je ne sais quelle contrepartie », a insisté Ségolène Royal, appelant également à ce que le dossier sur les essais nucléaires et leurs effets soit déclassifié « afin de mesurer l’ampleur des dégâts et les réparer ».
Elle a promis qu’à son retour en France, elle s’entretiendrait avec le président français, Emmanuel Macron, afin de « l’inciter à agir dans ce sens ».
La mémoire n’est jamais une rente ni une culpabilité héréditaire. C’est une vérité des blessures et des traumatismes qui doivent être nommés, réparés, excusés, sans je ne sais quelle contrepartie. Et le premier geste que doit faire la France, qui aurait dû être fait depuis longtemps, c’est la restitution des biens culturels et des archives, et j’y mettrai toute ma force. D’abord les objets de l’émir Abdelkader, ensuite les ossements de tous les chouhada conservés au musée de l’Homme, pour qu’ils soient honorablement inhumés. Toutes les archives ensuite, qui sont conservées à Aix-en-Provence et qui ont été pour partie numérisées. Tout cela, c’est d’ailleurs la commission mixte Histoire et Mémoire qui l’a confirmé dans son rapport de novembre 2023. Je veux y ajouter les archives et le dossier complet sur les essais nucléaires dans le Sahara afin de mesurer l’ampleur des dégâts et les réparer. C’est ce que je dirai au président Emmanuel Macron à mon retour, pour l’inciter à agir dans ce sens.
Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie
À lire aussiFrance: la loi pour simplifier les restitutions de biens culturels examinée au Sénat
À lire aussiLoi criminalisant la colonisation française: le Sénat algérien cherche l’apaisement



