RDC: la communauté humanitaire revoit son plan de réponse à la baisse malgré des besoins persistants

En République démocratique du Congo, le gouvernement et la communauté humanitaire ont présenté mercredi 28 janvier le plan de réponse humanitaire pour l’année 2026. Les besoins sont estimés à 1,4 milliard de dollars pour venir en aide à 7,3 millions de personnes ciblées, principalement dans l’est du pays. « L’heure est grave », a prévenu le coordonnateur humanitaire dans le pays, Bruno Lemarquis.

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De notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi

« La situation n’a jamais été aussi critique. » Selon Bruno Lemarquis, à la tête du Bureau pour les affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) en RDC, plus de 200 000 victimes de violences basées sur le genre, plus de 26 millions de Congolais en insécurité alimentaire, plus de 4 millions d’enfants en malnutrition aigüe, une augmentation par deux des cas de choléra et par 80 % des cas de mpox ont été enregistrés. À cela s’ajoutent les 5,3 millions de déplacés, dont 700 000 uniquement sur les dernières semaines.

Et la tendance est à la hausse, affirme Eve Bazaiba, la ministre des Affaires sociales et des Actions humanitaires, qui affirme que le pays reste confronté à une crise « complexe, prolongée et sans précédent ». Résultat : les besoins sont énormes et plus d’1 milliards 400 millions de dollars sont nécessaires pour la réponse 2026. Un appel pour aider quelque 7,3 millions de personnes, alors qu’on estime que près de 15 millions de personnes vont avoir des besoins.

Il s’agit pour autant d’une baisse vis-à-vis de l’année 2025, où les besoins avaient été estimés à 2,5 milliards de dollars. Une baisse qui répond à un changement de stratégie : « On a voulu être plus réaliste », explique un membre de la communauté humanitaire. En clair, les besoins n’ont pas baissé, mais il faut prioriser. « Hyperpriorisé », c’est le terme utilisé.

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Des choix difficiles

Alors comment les acteurs humanitaires sont-ils passés de 22 millions de personnes dans le besoin en 2025 à 15 millions en 2026 ? En augmentant, par exemple, le seuil de vulnérabilité. L’attention se concentre désormais sur les cas les plus critiques et uniquement sur les zones qui ont subi des chocs : conflits, catastrophes, épidémies…

Réaliste aussi parce que, chaque année, la réponse humanitaire est largement sous-financée en RDC. En 2024, 54% des besoins avaient été couverts, contre 24 % en 2025. Et avec la nette baisse des aides américaines, il a fallu se résoudre à faire des choix difficiles, a expliqué Bruno Lemarquis.

Qui plus est, l’aide humanitaire ne peut pas être la seule réponse. Plusieurs leviers existent pour réduire les besoins : solutions politiques, prise en compte des causes des conflits, prévention des crises et mises en place de solutions durables.

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