Les Églises anglicanes d'Afrique divisées au sujet de la nomination de Sarah Mullally, première femme archevêque de Canterbury

En devenant la 106e archevêque de Canterbury mercredi 28 janvier, l’évêque de Londres Sarah Mullally est devenue la première femme à occuper la charge la plus élevée de l’Église d’Angleterre. Dans le continent africain, beaucoup ont déjà montré leur opposition à sa nomination. La Global Anglican Future Conference (Gafcon), dont 7 des 12 provinces qui composent le mouvement se trouvent en Afrique, a annoncé ne plus reconnaitre la fonction de l’archevêque de Canterbury.

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La fracture planait depuis longtemps, elle a finalement été actée en octobre, après la nomination de Sarah Mullally à Canterbury. Une fracture signée par l’archevêque de l’Église anglicane du Rwanda, Laurent Mbanda, au nom de l’influent mouvement transnational Gafcon, dont il est le président.

Le réseau, implanté dans plus d’une cinquantaine de pays, notamment en Afrique, s’opposait déjà depuis longtemps à certaines évolutions de l’Église d’Angleterre, notamment la bénédiction d’union de personnes de même sexe, et prônait un retour à une lecture plus traditionnelle de la Bible, précise notre correspondante à Kigali, Lucie Mouillaud.

Dans un communiqué du 16 octobre, l’organisation Gafcon affirmait que ses membres rejettent désormais les « instruments » symboliques de la communion anglicane. À savoir l’archevêque de Canterbury ou encore le concile de la conférence de Lambeth. Une décision qui n’est pas simplement liée à la nomination d’une femme à la tête de l’Église d’Angleterre, affirmait dans un message sur X le primat rwandais, dénonçant un « révisionnisme persistant ».

« Nous n’avons pas quitté la communion anglicane, nous sommes la communion anglicane », ajoutait-il au nom de l’organisation Gafcon qui revendique représenter la majorité des fidèles dans le monde.

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L’Église anglicane de Madagascar plus nuancée

« Malgré les dissensions, certaines divergences de vues dans notre communion même, l’Église de Madagascar veut rester dans la communion anglicane », a pour sa part déclaré Monseigneur Samoela Jaona Ranarivelo, évêque du diocèse d’Antananarivo, auprès de notre correspondante à Madagascar, Sarah Tétaud.

S’il ne voit aucun inconvénient à la nomination de Sarah Mullally, qui prend officiellement ses fonctions mercredi 28 janvier, il précise que la « divergence, ici à Madagascar, peut être localisée dans certaines perspectives qui divisent l’Église actuellement » comme « sa position vis-à-vis de la sexualité, de l’homosexualité ? », abonde le président de l’Église anglicane à Madagascar, qui ne fait, elle, plus partie du Gafcon.

Pour cet évêque, « l’unité est dans la diversité, et ce n’est pas une raison de se retirer ».

Malgré les dissensions, certaines divergences de vues dans notre communion-même, l’Église de Madagascar veut rester dans la communion anglicane. Dans notre structure anglicane, chaque diocèse en soi a sa propre position. Face à cette situation qui est une situation nouvelle, le fait que ce soit une femme à la tête [de l’Eglise Anglicane], non, je n’ai pas eu de problème vis-à-vis de sa nomination, son élection, et j’ai prié pour que son installation se fasse d’une manière paisible. Mais ici à Madagascar, la divergence peut être localisée dans certaines perspectives qui divisent l’Église actuellement. Quelle est sa position vis-à-vis de la sexualité, de l’homosexualité ? Ses perceptions peut-être, pourront générer des divergences de vue quelques fois. À l’échelle continentale, certains membres du GAFCON ont pris des positions très tranchées par rapport à cette nomination, et ont d’ores et déjà dit qu’ils prenaient leurs distances. Est-ce à dire qu’il peut y avoir un schisme au sein de l’Église anglicane sur le continent africain ? Le terme schisme est déjà sous-jacent et rampant ici dans la vie de l’Église, mais ça n’est pas la sexualité humaine qui est la plus grande difficulté. La pauvreté, le changement climatique, ça a des impacts tellement négatifs vis à vis de l’humanité. L’homosexualité est une partie. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut rejeter ces gens-là, il faut les aimer aussi. Chez nous, l’unité est dans la diversité. Et ce n’est pas une raison de se retirer.

Monseigneur Samoela Jaona Ranarivelo, évêque du diocèse d’Antananarivo et président de l’Église anglicane à Madagascar

Sarah Tétaud

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