Goma, un an après: parole de victimes des combats

Dans l’est de la République démocratique du Congo, un an après la bataille de Goma qui a conduit à l’occupation de la ville par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda, les blessures physiques et morales de l’attaque de janvier peinent à cicatriser. Les victimes des combats de fin janvier se souviennent, elles racontent leur deuil, leurs douleurs et appellent à une paix durable.
Les quartiers proches de l’aéroport de Goma et du camp Katindo, au cœur de la ville, ont été durement touchés par les affrontements en RDC en janvier 2025. « Malheureusement, en étant là-bas, une bombe est tombée sur ma maison, se rappelle Rachel, qui a entendu de très près les combats et a tenté de se cacher sous un lit. Dans mon corps, il y avait beaucoup d’éclats. On a fait enlever la moitié de ces éclats et les autres sont restés dans mon corps. Donc, je ne peux pas marcher de longs trajets pour le moment. »
La maison d’Annie a elle aussi été touchée par un engin explosif. « J’étais à la maison avec mes enfants et il y avait des tirs de balles, témoigne-t-elle. Nous sommes partis dormir pour nous reposer suite aux tirs. Quelque chose est alors tombé sur les tôles, c’était une bombe. J’ai été blessée aux deux jambes et mon fils blessé à la tête. Mes pieds ont été opérés deux fois à l’hôpital. »
« Nous avons vu des choses graves, très graves… »
Furaha, elle, a perdu des proches les 27 et 28 janvier 2025. « Les militaires tiraient des balles en désordre dans des maisons non fermées. Ils sont entrés dans ma parcelle et ont tiré sur mon mari. Un jeune voisin et mon garçon ont essayé de nous aider, ils ont été touchés, se désole-t-elle. Malheureusement, mon mari est décédé, de même que le jeune voisin. Mon mari m’a laissé neuf enfants. Aujourd’hui, il est difficile de les nourrir et de les scolariser. »
Sa maison ayant été détruite, Furaha plaide pour que les victimes soient indemnisées. La demande est formulée également par une autre mère endeuillée, Tumusifu, qui souhaite que la paix revienne dans la région : « Vous pouvez demander à Dieu de nous aider. Que la guerre ne puisse pas se répéter. Nous avons vu des choses graves, très graves… »
Selon des organisations humanitaires, des centaines de morts ont été enregistrées à Goma lors de la prise de la ville, des milliers de personnes blessées. La majorité a été prise en charge par le Comité international de la Croix-Rouge.
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