Gabon: Ressources abondantes, chômage persistant – Le malaise économique gabonais

 Doté d’immenses ressources naturelles, le Gabon figure parmi les pays les plus riches d’Afrique subsaharienne sur le papier. Pétrole, bois manganèse ont longtemps fait affluer des milliards de dollars dans les caisses de l’État, propulsant le PIB par habitant au-delà de 8 000 dollars. Mais derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité bien plus amère pour une grande partie de la population.

L’économie gabonaise demeure prisonnière d’une dépendance quasi totale au pétrole, qui représente près de la moitié du produit intérieur brut et environ 80 % des exportations. Cette mono-dépendance fragilise le pays au moindre choc des prix internationaux et révèle l’échec persistant des politiques de diversification économique. L’agriculture et l’industrie, pourtant capables de créer des emplois massifs, restent marginales, faute d’investissements structurants et de volonté réelle de transformation.

Les conséquences sociales sont lourdes. Le chômage dépasse les 20 %, frappant de plein fouet une jeunesse de plus en plus diplômée mais sans perspectives. Chaque année, des milliers de jeunes arrivent sur un marché du travail saturé, tandis que la croissance, pourtant annoncée, ne crée que peu d’emplois. Le paradoxe est cruel : dans un pays riche, plus d’un tiers de la population vit encore dans la pauvreté.


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Cette situation nourrit un profond sentiment d’injustice sociale. La richesse nationale profite à une minorité, pendant que la majorité peine à accéder à un emploi décent, à des services publics efficaces et à des opportunités économiques durables. Les inégalités se creusent, alimentant frustration, découragement et colère silencieuse.

Certes, les autorités annoncent des réformes et affichent leur volonté de diversifier l’économie à travers l’agriculture, le tourisme ou les infrastructures. Le Gabon continue également d’attirer des investissements étrangers et s’appuie sur son intégration régionale au sein de la CEMAC et de la CEEAC. Mais sur le terrain, les résultats tardent à se faire sentir.

Aujourd’hui, la question centrale n’est plus celle de la richesse du Gabon, mais de son partage et de son utilité réelle pour les citoyens. Tant que les ressources naturelles ne seront pas transformées en emplois, en justice sociale et en développement inclusif, la prospérité gabonaise restera un mirage pour une grande partie de la population.

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