Ouganda: inquiétude autour de la santé de l'opposant Kizza Besigye, détenu depuis plus d'un an

Figure emblématique de l’opposition ougandaise, Kizza Besigye, 69 ans, est détenu depuis plus d’un an. Son parti affirme que son état s’est brusquement dégradé. Dans la nuit de lundi 19 à mardi 20 janvier, il a été transféré de la prison de Luzira vers une structure médicale à Bugolobi, avant d’être ramené en cellule tard dans la nuit, sous fort dispositif sécuritaire. Mercredi, il devait comparaître devant la Haute Cour de Kampala, dans son dossier de trahison mais, selon ses avocats, il était trop malade pour s’y rendre. L’inquiétude grandit au sujet de son état de santé.
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C’est sa femme qui a lancé l’alerte. Dans un communiqué publié de mardi 20 janvier, Winnie Byanyima, par ailleurs directrice exécutive d’Onusida, écrit : « Quand je l’ai vu, le Dr Besigye était extrêmement faible. Il tremblait, avait une forte fièvre et souffrait de violentes douleurs abdominales ». Son parti, le Front populaire pour la liberté (People’s Front for Freedom – PFF), parle d’une dégradation « critique ». L’épouse de l’opposant ougandais Kizza Besigye affirme n’avoir reçu aucune alerte des autorités pénitentiaires, et dénonce leur silence sur l’état de son mari.
« Je crains que l’État ne s’acharne contre sa santé »
Son avocat, Eron Kiiza, accuse lui aussi l’administration pénitentiaire d’être « très économe » en informations, au point, raconte-t-il, d’avoir tenté d’empêcher Winnie Byanyima de prendre des photos à la clinique où l’opposant avait été conduit. Le transfert n’a donc pas levé les inquiétudes, au contraire.
« Je suis très inquiet. La détention dure depuis longtemps : cet homme est traumatisé, il est maltraité. On ne le laisse ni voir ses avocats, ni son médecin personnel, donc il ne reçoit pas les soins dont il a besoin. Il est âgé, et cette détention n’en finit pas, alerte Eron Kiiza. Je crains que l’État ne s’acharne délibérément contre sa santé, au vu de la maltraitance qu’il subit. Il est en réalité à l’isolement : on lui interdit de voir les autres détenus. Il est mentalement torturé, et est maintenu en prison sans être jugé. Tout cela est illégal et contraire à notre Constitution. »
De son côté, l’administration pénitentiaire parle d’un « contrôle de routine ». La famille dément. Après quatre refus de remise en liberté sous caution, les avocats de Kizza Besigye en appellent à une pression diplomatique pour obtenir sa libération.



