RDC: dépenses sécuritaires en forte hausse, le FMI pointe le recours massif aux procédures d’urgence

Le gouvernement de la République démocratique du Congo prévoit de consacrer cinq milliards de dollars à la défense et à la sécurité nationale sur la période 2026-2030, alors que le contexte sécuritaire reste difficile. À ce stade, l’impact des accords de paix sur la situation sur le terrain demeure quasi nul. Cette insécurité est identifiée par le Fonds monétaire international comme un risque majeur, à la fois pour le budget de l’État congolais et pour le programme financier en cours. L’institution met en garde : en cas d’aggravation du conflit, les dépenses sécuritaires pourraient augmenter jusqu’à 2 % du produit intérieur brut.
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Le FMI indique que les procédures d’urgence ont été utilisées de manière prédominante pour les dépenses sécuritaires en RDC. En 2025, l’essentiel des dépenses engagées en urgence a concerné la sécurité.
Au premier trimestre, près de neuf dépenses d’urgence sur dix étaient liées au secteur sécuritaire. Cette part a encore augmenté au deuxième et au troisième trimestre, pour atteindre quasiment la totalité des dépenses. Au total, sur l’ensemble de l’année, le FMI estime que plus de 95 % des dépenses d’urgence ont été consacrées à la sécurité.
Des engagements jugés insuffisants
Le FMI explique ce recours massif par la détérioration persistante de la situation sécuritaire, en particulier dans l’est du pays. Les autorités congolaises reconnaissent que ces dépenses ont été engagées en dehors des procédures budgétaires ordinaires, mais indiquent qu’elles ont été régularisées a posteriori, conformément au cadre légal en vigueur.
Le FMI souligne toutefois que le recours fréquent et massif aux procédures d’urgence pour les dépenses sécuritaires dépasse les plafonds indicatifs prévus dans le cadre du programme appuyé par le FMI. Un recours jugé excessif, même dans un contexte de conflit, car il réduit la transparence budgétaire et complique le suivi et le contrôle des dépenses publiques.
Enfin, le Fonds indique que les autorités congolaises ont reconnu ce problème et se sont engagées à réduire progressivement l’utilisation des procédures d’urgence pour les dépenses sécuritaires, en réintégrant autant que possible ces dépenses dans les procédures normales, si la situation sécuritaire le permet.
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