Au Soudan, le musée national de Khartoum virtuellement ressuscité

Pillé en avril 2023, le musée national de Khartoum renaît sous une forme virtuelle. Grâce au travail des chercheurs de la section française des antiquités soudanaises, une partie des collections disparues est désormais accessible en ligne, offrant un nouvel espoir pour la préservation et la valorisation du patrimoine soudanais.
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La perte d’une grande partie des 100 000 vestiges antiques et médiévaux qu’hébergeait le musée national de Khartoum aurait pu sonner le glas d’une partie de l’héritage soudanais. Pourtant, à l’aide de photographies, de listes d’inventaire et d’études publiées sur les collections, les chercheurs sont parvenus à créer un double virtuel du musée, visitable depuis le 1er janvier 2026.
Grâce à ce musée virtuel, visiteurs et chercheurs ont désormais accès à une visite de 500 objets. « C’est un grand espoir pour nos collègues soudanais, puisque cela permet de continuer la recherche et la valorisation du patrimoine soudanais », explique Faïza Drici, membre de la section française des antiquités soudanaises qui a porté ce projet, au micro de Savannah Ruellan du service Culture.
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Estimer les pertes
Le musée abritait la collection la plus complète au monde d’archéologie nubienne, mais aussi des collections uniques allant de la période du Paléolithique au Moyen Âge. Des pertes que les équipes du musée travaillent aujourd’hui à estimer : « Depuis quelques mois, les conservateurs du service des antiquités ont pu réinvestir le site et travaillent à dresser un inventaire des collections », poursuit la chercheuse.
L’idée d’un musée virtuel ne date pas du pillage, mais d’avant celui-ci. Le musée s’apprêtait à être rénové et devait fermer au public : la valorisation en ligne des collections était alors un moyen de les garder accessibles. Le conflit n’a fait qu’accélérer la concrétisation du projet.
À l’instar d’autres musées détruits par la guerre, comme le musée de Mossoul pillé par l’État islamique, le musée national de Khartoum rejoint le nombre croissant de musées virtuels, dont on compte déjà plus de 2 000 dans le monde.
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