Ouganda: Yoweri Museveni célèbre sa victoire, l'opposition exprime sa déception

En Ouganda, le président Yoweri Museveni s’est exprimé dimanche 18 janvier 2026, un jour après que la commission électorale a annoncé sa victoire avec 71% des voix. Le chef de l’État au pouvoir depuis 40 ans rempile pour un septième mandat à l’âge de 81 ans. Devant les cadres de son parti, dans son fief de Rwakitura à l’ouest du pays, le président réélu a vanté la victoire de son parti.

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Avec 71% des voix selon les résultats de la commission électorale, contestés par l’opposition, le président Yoweri Museveni se rapproche de son score le plus important jamais enregistré dans un scrutin : « Nous commençons à revenir aux origines du NRM [le parti Mouvement de résistance nationale, NDLR]. Ceux qui sont assez âgés se souviennent des élections de 1996. Pendant cette campagne, j’ai pu voir que l’unité maximale qui régnait à cette époque est en train de revenir. »

Un constat vigoureusement contesté par l’opposition, dont le candidat Bobi Wine a rejeté samedi les résultats des élections avant même leur annonce officielle. Une opposition que le chef d’État accuse d’incitation à la violence : « Notre intérêt n’est pas de sévir contre eux. Notre intérêt est qu’ils renoncent à ce genre d’attitude et qu’ils ne recommencent plus jamais. Je demande aux personnes égarées de revenir à la raison. Ce qu’elles projetaient de faire, nous le savons déjà. Les éléments résiduels doivent cesser, sinon nous les attraperons tous s’ils ne s’arrêtent pas. »

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« Ce n’est pas un président pour ma génération »

Le NUP, le parti du candidat Bobi Wine, accuse de son côté les forces de l’ordre d’arrestations arbitraires et de violences. Le candidat d’opposition affirme être en fuite après avoir échappé à une descente des forces de sécurité à son domicile – une version aussitôt contestée par la police. Un scrutin avec un dénouement amer pour les jeunes leaders de son parti, représentants d’une Gen Z en quête de changement. 

À 28 ans, Judith Nalukwago, membre du NUP, le parti de l’opposant Bobi Wine, regrette de n’avoir connu pour seul président le chef de l’Etat au pouvoir depuis 40 ans, Yoweri Museveni : « Ce n’est pas un président pour ma génération, il ne me représente pas. Quand on écoute ses priorités, elles datent de 1986, elles ne correspondent pas au monde actuel. Mais je reste motivée, le combat pour le changement n’est pas un sprint mais un marathon. »

Un changement appelé de ses vœux par Robert Maseruka à 25 ans, il devient l’un des plus jeunes députés élus lors de ces élections : « Le slogan du président “Protéger les acquis” montre bien qu’il est coincé dans le passé ! J’étais président des étudiants de Makerere, le chômage est tellement élevé que des diplômés se retrouvent à balayer les rues. Ils ne peuvent pas s’occuper de nous si on n’est pas autour de la table ! »

Face à la frustration exprimée par une partie de la jeunesse ougandaise, Israel Kyarisiima, coordinateur du mouvement de la Gen Z pour Museveni, défend le programme du président : « Il s’adapte à chaque génération et à chaque défi qui se présente à lui. Le changement, c’est important, oui, mais quel type de changement ? La personne la mieux placée, celle qui a déjà tracé le plan de notre avenir et défend nos intérêts, c’est Yoweri Museveni. »

Avec plus de 70% de la population âgée de moins de 30 ans, l’Ouganda se classe parmi les pays les plus jeunes au monde.

Tout d’abord, [Bobi Wine] pourrait envisager de saisir les tribunaux, même s’il a bien peu de chances d’obtenir justice par cette voie. Peut-être le fera-t-il pour la postérité, mais je ne pense pas que ce soit sa priorité compte tenu de son expérience en 2021 et du fait que, comme vous vous en souvenez, l’un des juges qui aurait pu statuer en sa faveur est en exil aux États-Unis. À l’heure actuelle, il doit choisir entre rentrer chez lui et se faire arrêter ou s’enfuir et tenter de mobiliser l’opposition depuis l’étranger. En tout cas, il n’a pas beaucoup d’options.

Eron Kiiza, avocat et militant des droits de l’homme

Carol Valade

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