CAN 2025: Sénégal-Maroc, la «finale rêvée» pour une deuxième étoile

Les Lions de l’Atlas face aux Lions de la Teranga. La finale de la CAN 2025 se joue ce dimanche 18 janvier 2026 à Rabat, entre le Maroc et le Sénégal. Un choc qui était attendu entre les Marocains à domicile et les Sénégalais, qui vont jouer leur troisième finale en quatre éditions. Un match entre deux pays frères, qui s’apprécient et se respectent… mais un seul sera champion d’Afrique pour la deuxième fois de son histoire.
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De notre envoyé spécial à Rabat,
Après deux années auprès des Éléphants de Côte d’Ivoire, la Coupe d’Afrique des nations va revenir dans la tanière du lion ce 18 décembre. Oui mais lequel ? La CAN 2025 restera-t-elle sur le sol marocain auprès des Lions de l’Atlas ? Ou repartira-t-elle direction le Sénégal, dans les valises des Lions de la Teranga ? Après un mois de compétition dans le royaume chérifien, 120 buts inscrits (record de 2024 déjà battu – 119 buts) et certaines rencontres emplies de suspense, il est temps pour cette 35e édition du tournoi continental d’avoir son champion.
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Le Maroc va devoir « gérer ses émotions »
Retrouver le Maroc et le Sénégal en finale n’est, finalement, pas une grande surprise. Les Marocains étaient des candidats déclarés au titre sur leurs terres. Et le Sénégal était cité parmi les favoris de cette CAN. « C’est la finale rêvée par tout le monde », a résumé Pape Thiaw, le sélectionneur des Lions de la Teranga, à la veille du grand match. Son homologue marocain, Walid Regragui, est lui aussi enthousiaste devant cette affiche : « C’est bien, pour le football africain, que les deux meilleures équipes se rencontrent en finale ».
Le coach des Lions de l’Atlas ne s’est, comme à l’accoutumée, pas caché derrière son petit doigt face à la presse. Depuis le début de la CAN, il répète que le Maroc est le favori et doit gérer les contraintes qui vont avec. Alors, pas question de changer de ligne, Sénégal ou pas en face : « L’équipe qui a la pression, naturellement, c’est le Maroc. C’est normal, on joue à domicile ». Pour Regragui, la clé sera dans « la gestion des émotions », un facteur déterminant face à une équipe « habituée » à de telles altitudes et qui a engrangé « beaucoup de confiance ».
« Ça va être une belle finale qui va se jouer sur les détails », a déclaré le sélectionneur marocain. L’un de ces « détails », justement, sera peut-être bien le public, qui peut aussi bien handicaper que transcender une équipe. Les tribunes du stade du Prince Moulay Abdellah seront, sans surprise, très largement acquises aux Lions de l’Atlas. « C’est du 50-50… On aura peut-être 51% avec le public. Si les spectateurs sont aussi bons qu’en demies et en quarts, peut-être qu’on montera à 55% », a poursuivi Walid Regragui. Le technicien compte sur les supporters : « Il paraît qu’on est monté à 100 décibels (lors du dernier match, NDLR). Si on peut lancer un challenger et monter à 200 décibels dimanche ! Parce qu’on va en avoir besoin. (…) Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre chez nous ».
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« Onze hommes contre onze hommes »
La pression des plus de 65 000 spectateurs attendus au stade n’effraie pas les Lions de la Teranga. Pape Thiaw sait bien que « jouer contre le pays hôte n’est jamais facile ». « Mais le public restera en haut (dans les tribunes, NDLR). Sur le rectangle vert, c’est onze hommes contre onze hommes. Mes joueurs le savent. (…) Ça se décidera sur le terrain », a rappelé le sélectionneur.
Le Sénégal n’ignore rien de la progression du Maroc ces dernières années. Thiaw a d’ailleurs souligné qu’au classement Fifa, ce sont bien les Lions de l’Atlas qui pointent au 11e rang mondial (première nation africaine), alors que son équipe est au 19e rang mondial (deuxième nation africaine). « Il faut les féliciter. Ils sont les favoris », a-t-il assuré, tout en tenant à « saluer le travail du Maroc ». Pape Thiaw a certes poussé un coup de gueule quant aux conditions de l’arrivée des Sénégalais à Rabat le 16 janvier, mais il a aussi tenu à souligner la qualité du football marocain et à remercier le royaume « pour cette belle organisation ».
Même son de cloche chez le défenseur Moussa Niakhaté : « Le Sénégal et le Maroc sont deux pays frères. C’est réel, on l’a senti durant toute la compétition ». Mais comme l’a dit le joueur de l’Olympique lyonnais, « il n’y aura qu’un vainqueur ». Et pour lui qui n’était pas dans le groupe sénégalais sacré champion d’Afrique en 2022 au Cameroun, hors de question de laisser sa part aux Lions de l’Atlas. « On veut ramener la coupe à Dakar », a-t-il martelé.
Le sport peut être beau et cruel à la fois. Ce soir, il fera chavirer une nation dans le bonheur et en fera pleurer une autre. Car, une fois de plus, il ne peut y avoir qu’un seul champion. Le Maroc attend depuis 1976 un deuxième sacre. Le Sénégal veut lui asseoir sa supériorité sur le continent en allant chercher une deuxième couronne en quatre ans. La quête de la deuxième étoile se conclura à Rabat au bout des 90 minutes jeu, et plus si besoin. Reste à savoir qui la brodera sur sa tunique.



