Ouganda: la présidentielle perturbée par des problèmes techniques, un geste «délibéré» du pouvoir pour l’opposition

Des problèmes techniques perturbent les opérations de vote pour les élections présidentielle et législatives ce 15 janvier 2026 en Ouganda, affectant jusqu’à celui du chef de l’État. L’opposition dénonce une action « délibérée » de l’exécutif afin que Yoweri Museveni se maintienne au pouvoir, après quarante ans de règne.
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En Ouganda, on vote aujourd’hui pour la présidentielle et les législatives : près de 21,7 millions d’électeurs sont inscrits. Un scrutin qui oppose notamment le président sortant Yoweri Museveni à son principal challenger Bobi Wine.
Mais la journée est perturbée par des retards et des dysfonctionnements : des pannes ont été signalées sur les kits biométriques de vérification.
À Kampala, on vote, mais pas partout au même rythme. Dans certains bureaux, les électeurs ont pu voter dès l’ouverture, à 7h. Dans d’autres, l’attente a été plus longue : des kits biométriques censés vérifier l’identité des électeurs ont dysfonctionné, et les électeurs ont dû alors voter manuellement en utilisant le registre papier.
Colère en ligne malgré la coupure d’Internet
Malgré la suspension d’Internet, la colère s’exprime quand même en ligne par des moyens techniques détournés. Un internaute écrit : « Imaginez combien d’argent les contribuables ont dépensé pour acheter ces kits biométriques, pour qu’on nous dise, à la fin, qu’ils ne fonctionnent pas. »
Face à ces critiques, la Commission électorale tente de rassurer : son porte-parole, Julius Mucunguzi, dit ne pas pouvoir expliquer l’origine des pannes, mais assure que le processus reste fiable : « Le fonctionnement de ces machines est une question technique : est-ce un problème de lecture, de reconnaissance d’empreintes, de biométrie ? Je ne suis pas en mesure de le dire. Mais les électeurs peuvent être vérifiés grâce au registre électoral classique, sur papier, qui contient leurs informations. Et la vigilance des agents électoraux, comme celle des représentants des candidats, pour s’assurer que personne ne vote deux fois, continuera de s’appliquer. »
Même le président sortant Yoweri Museveni reconnaît avoir rencontré des difficultés pour voter : sa machine refusait ses empreintes, puis a fini par le reconnaître au visage.
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Selon l’opposition, ces ratés techniques seraient « délibérés » : Bobi Wine dénonce une volonté de confisquer le vote, ce que le pouvoir conteste.
Les bureaux ferment à 16h, heure locale, soit 13h TU. Mais tout électeur déjà dans la file d’attente pourra voter, conformément à la loi, rappelle la Commission électorale. Les résultats doivent être proclamés dans un délai de 48 heures après la clôture du scrutin.



