Élections générales en Ouganda: les enjeux d'un double scrutin sous surveillance des forces de sécurité

Les Ougandais sont appelés aux urnes, ce jeudi 15 janvier, pour des élections présidentielle et législatives qui se déroulent dans un pays coupé du monde – l’Internet y est coupé sur décision des autorités depuis mardi – et dans un climat de forte tension politique et sécuritaire. Yoweri Museveni, 81 ans et président depuis 40 ans, brigue un septième mandat et espère se maintenir au pouvoir. Face à lui, sept candidats se présentent, dont l’ancien chanteur Bobi Wine, 43 ans – de son vrai nom Robert Kyagulanyi – qui apparaît comme son principal adversaire. 

Publié le : Modifié le :



2 min Temps de lecture

En Ouganga, le visage du président Museveni et son célèbre chapeau dominent depuis des mois les panneaux d’affichage de la capitale, Kampala, portés par la machine électorale du parti au pouvoir. Bobi Wine a lui aussi sillonné le pays pendant cette campagne, mais a dénoncé de nombreuses entraves : routes bloquées, rassemblements annulés, et arrestations parmi ses partisans – au moins 400, selon Amnesty International. La répression s’est accentuée à l’approche du scrutin. Le 9 janvier dernier, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé une « intimidation généralisée ». La crainte qui plane sur l’élection est celle d’un scénario à la tanzanienne où, en octobre dernier, des manifestations ont été réprimées dans le sang, faisant plus de 2 000 morts selon l’opposition.

L’enjeu des législatives

Si la présidentielle attire tous les regards, les législatives pourraient aussi être déterminantes pour les rapports de force au sein du parti au pouvoir. Cet été, la mouvance du général Muhoozi, fils du président et chef de l’armée qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, a gagné en influence dans les instances clés du parti. Si elle s’assurait une majorité confortable au Parlement, cela pourrait faciliter le scénario d’une succession dynastique. Dans l’opposition, la NUP de Bobi Wine espère rééditer sa percée de 2021 à l’Assemblée, malgré des divisions internes à l’opposition et l’exclusion de plusieurs candidats dont les dossiers ont été rejetés par la commission électorale.

L’ONG Reporters sans frontières a regretté mardi 13 janvier « une violence contre la presse en augmentation » en Ouganda, affirmant qu’au moins cinq journalistes y ont été agressés depuis septembre. De son côté, Human Rights Watch (HRW) a vu dans l’ordre récemment donné par les autorités ougandaises à au moins dix ONG de cesser leurs activités jugées contraires à la loi « une preuve supplémentaire du mépris de l’Ouganda pour la liberté d’expression et la liberté d’association ».

À lire aussiOuganda: à la veille de la présidentielle et des législatives, black-out et climat de peur à Kampala

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close