CAN 2025: le Nigeria, un cador aussi dangereux qu'énigmatique pour le Maroc

Le Maroc va vibrer pour ses Lions de l’Atlas, opposés ce mercredi 14 janvier 2026 au Nigeria à Rabat en demi-finales de cette CAN à domicile. Les Marocains rêvent d’un billet pour la finale et d’un sacre. Mais comment appréhender cette sélection du Nigeria, qui a éteint l’Algérie au tour précédent et affiche un visage difficile à cerner ? Offensifs mais prudents, unis mais prêts à laisser le jeu, les Super Eagles avancent masqués pour ce choc.
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De notre envoyé spécial à Rabat,
Une marche. Une seule et dernière marche. C’est tout ce qui sépare le Maroc de la finale de « sa » CAN 2025 à domicile. Et d’un potentiel titre, 50 ans après l’unique glané en Éthiopie. Oui mais quelle marche : pour gagner le droit de viser le sacre continental, les Lions de l’Atlas doivent se défaire du Nigeria. On a connu tâche moins compliquée, surtout eu égard aux performances nigérianes depuis le début de la compétition.
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Le Nigeria, une attaque de feu… et une demi-finale ultra-défensive ?
Le Nigeria sort d’un quart de finale maîtrisé comme rarement face à l’Algérie (2-0). Les Super Eagles martyrisent les défenses depuis le début de la CAN : avec 14 buts inscrits en cinq rencontres, les Nigérians sont, de loin, la meilleure attaque de la compétition. Leur tarif est de deux buts minimum à chaque sortie, et Victor Osimhen, leur attaquant vedette, est dans le dos du Marocain Brahim Diaz au classement des buteurs (4 buts contre 5).
Pourtant, Éric Chelle a affiché une attitude très mesurée face à la presse, à la veille de cette demi-finale au stade du Prince Moulay Abdellah de Rabat. Le sélectionneur du Nigeria devra composer sans son capitaine habituel, Wilfred Ndidi, suspendu. Et le technicien franco-malien a d’autres tracas dans la préparation de ce choc. L’état physique de ses troupes le préoccupe. Interrogé sur le danger que représente Diaz, Chelle a ainsi répondu : « C’est un très bon joueur, une très bonne équipe. Mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est mon équipe. Et de savoir si on a bien récupéré de ce match contre l’Algérie. »
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La fraîcheur des Nigérians est au centre de ses préoccupations, au point même de bousculer ses plans tactiques. « Si je le juge nécessaire, nous mettrons le bus devant notre cage », a déclaré l’homme à la tête d’une équipe qui tourne à presque 3 buts inscrits par match. Éric Chelle s’inquiète car son équipe a disputé son quart de finale le 10 janvier, alors que le Maroc a joué le 9. Il a fallu ensuite aller de Marrakech à Fès le 11, puis voyager jusqu’à Rabat le 12…
« Je trouve que mon groupe est fatigué. Il va peut-être falloir que je change mon fusil d’épaule. On va peut-être essayer de laisser la balle au Maroc, de les attendre. On a vu que, durant ce début de Coupe d’Afrique, c’était un peu difficile pour eux quand ils jouaient contre une équipe en bloc bas. On va sûrement commencer comme ça et on verra au cours du match comment se comporter ensuite. (…) On va essayer de ne pas encaisser de but en première période et de jouer notre va-tout sur la deuxième », a-t-il insisté.
Walid Regragui aux supporters : « C’est notre match »
Un peu bizarres, ces inquiétudes de Chelle, cette volonté de jouer la défense avec une telle puissance de feu, cette facilité à parler de la tactique possiblement appliquée face au Maroc… De l’intox, peut-être ? Une manière de détourner l’attention, d’emmener les Marocains sur une fausse piste pour mieux les piéger ? Ou bien encore, peut-être que le sélectionneur du Nigeria compte vraiment mettre en application ses plans et faire déjouer les Lions de l’Atlas ? À ce stade de la compétition, le combat est aussi psychologique…
Côte marocain, en tout cas, on n’ignore rien de la dangerosité des Super Eagles, qualifiés pour les demi-finales pour la 17e fois de leur histoire en… 19 phases finales de CAN. « C’est une des équipes les plus fortes du continent », a tranché Walid Regragui, louant au passage « la force et la régularité » de cette sélection. « Cela va être un gros match, comme une finale », a résumé le coach marocain.
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L’absence du capitaine Ndidi n’insuffle aucune forme de soulagement chez le sélectionneur des Lions de l’Atlas : « Des joueurs peuvent reprendre le poste. Quand tu as Osimhen, Iwobi, Lookman, quand tu vois leur banc… Ils peuvent même changer de système, bien que je pense que ce ne sera pas le cas ». La maturité du Nigeria et sa force collective sont des dangers que Regragui ne peut ignorer : « On ne pourra par se permettre de faire 20 minutes comme on a fait face à la Tanzanie (en huitièmes de finale), ni les 15 dernières minutes comme contre le Cameroun (en quarts de finale), à se relâcher et à se mettre en bloc bas. Car on sera puni ».
Le Maroc sait quel épouvantail se dresse sur sa route. Pas question, pour autant, d’envisager autre chose qu’une victoire. Tout le royaume en rêve, et les Lions de l’Atlas ont aussi de quoi faire trembler les Nigérians. « Cela va être un bon test pour nous, mais aussi pour eux, car je pense qu’ils ne sont pas encore tombés sur une équipe comme la nôtre », a averti Walid Regragui, qui compte sur le soutien populaire. S’adressant aux supporters, le sélectionneur a donné le ton : « C’est notre match, c’est votre match. Dès l’hymne national, il faut que vous n’ayez plus de voix, et il faut que vous nous portiez pour que, inch’allah, on crée l’exploit ».



