Tunisie: désarroi des familles après le report du procès de l'attentat contre la synagogue de Djerba

En Tunisie, la seconde audience du procès de l’attentat de Djerba le 9 mai 2023 qui avait fait cinq victimes, a débouché sur un report. Un ancien agent de la garde nationale Wissem Khazri avait ouvert le feu dans le parking de la synagogue de la Ghriba qui accueille chaque année le pèlerinage juif, l’un des seuls dans le monde arabe. Il avait tué trois de ses collègues ainsi que deux pèlerins juifs et avait été neutralisé par les forces de sécurité peu de temps après avoir ouvert le feu. Des zones d’ombre demeurent sur son parcours jusqu’à la synagogue. La complicité de ses proches dans l’attaque et de possibles failles sécuritaires devaient être évoquées dans ce procès. Ce nouveau report est une déception pour les familles des victimes et les survivants qui attendent d’avoir plus de détails sur cette attaque depuis presque trois ans.
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Avec notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise
En Tunisie, à la sortie de la salle d’audience numéro 6, où sont traitées les affaires antiterroristes dans la capitale Tunis, Iris rescapée de l’attentat reste sur sa faim, car l’audience a été reportée sans plaidoiries des avocats.
« La première chose qu’on espère c’est la reconnaissance du caractère antisémite de l’attentat. On pense que, étant donné que, initialement, les déclarations du gouvernement suite à l’attentat ont nié ce caractère antisémite, et le fait que nous, on n’ait pas pu se constituer partie civile en tant que survivants, ça permet un peu de maintenir la version officielle initiale selon laquelle c’était simplement un règlement de comptes entre policiers et que, finalement, ça n’avait rien à voir avec la synagogue, ça n’avait rien à voir avec le pèlerinage, ça n’avait rien à voir avec les juifs et que c’était seulement au mauvais endroit au mauvais moment, alors que c’est une évidence que ce n’est pas le cas ».
L’attentat n’a jamais été revendiqué par une organisation terroriste. Pour Élodie Haddad, sœur de la victime Benjamin Haddad et cousine de l’autre pèlerin juif tué, Aviel Haddad, beaucoup de questions risquent de rester sans réponses. « Mon propos, c’était de comprendre et de savoir exactement le déroulé de ce qui s’est passé, comment ça a pu se passer. Ce qui est dommage, c’est qu’hier encore, on nous maintenait que ça aurait lieu ». La présidente du tribunal a évoqué des raisons techniques pour justifier le report.
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