Ouganda: déploiement sécuritaire visible à Kampala avant les élections générales du 15 janvier

Dernière ligne droite en Ouganda avant les élections générales le 15 janvier, présidentielle, législatives et locales. D’importants meetings sont encore programmés. Les deux principaux candidats doivent notamment tenir des rassemblements dans la capitale ces 12 et 13 janvier, dernier jour officiel de la campagne. Le scrutin a lieu dans trois jours. Mais depuis le 10 janvier déjà, l’armée ougandaise a renforcé sa présence dans les grandes villes du pays. Elle patrouille désormais aux côtés de la police.

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Avec notre envoyée spéciale à Kampala, Florence Morice

Pour le porte-parole de l’armée ougandaise ce déploiement est une réaction « aux menaces de violence proférées », selon lui, par certains acteurs, et destinée à prévenir d’éventuelles « violences » pendant le processus électoral en Ouganda. Mais dans les rangs de l’opposition, certains y voient une tentative d’intimidation.

Véhicules blindés, unités d’infanterie, l’armée était bien visible ce dimanche 11 janvier à plusieurs carrefours stratégiques de la capitale. Pour Rahim, venu battre campagne pour le président Museveni, ici dans le quartier Kawala, c’est une présence rassurante. « Notre président nous a assuré la paix depuis près de quarante ans. Aucun conflit. Donc, il est normal qu’il veuille protéger cet acquis ».

Dans ce marché du quartier Bwis, réputé acquis à l’opposant Bobi Wine, on s’interroge pourtant sur cette présence militaire renforcée et sur l’apparition d’une unité de forces de l’ordre visiblement nouvelle, selon Joseph, mécanicien. « Ils circulent à moto, en uniforme de la police, mais avec des gilets pare-balles et ils sont lourdement armées. Je les ai vus samedi pour la première fois. Je ne sais pas ce qu’ils font. Ils patrouillent ».

Pour Abdu, vendeur de housses de téléphones, il s’agit tout simplement d’intimidation. « Ils veulent instiller la peur parmi la jeunesse. Parce qu’ils ne veulent pas qu’on aille voter pour notre candidat jeudi. Mais avec moi, ça ne marchera pas ». Le jeune homme dit pourtant redouter une faible participation, en nous montrant du doigt les devantures vides de plusieurs commerçants qui ont préféré quitter la capitale le temps du scrutin.

Vendredi 9 janvier, le bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme a dénoncé une pression accrue exercée sur les médias, les opposants et acteurs de la société civile à l’approche du vote, ce que contestent les autorités. 

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