Côte d’Ivoire: cinq ans de prison ferme requis contre un officiel malien pour «offense au chef de l’État»

En Côte d’Ivoire, le procureur de la République a requis cinq ans de prison ferme contre Mahamadou Hawa Gassama, membre du Conseil national de transition malien, poursuivi pour « offense au chef de l’État » ivoirien et « diffusion d’expressions outrageantes par internet ». Il avait été interpellé et placé sous mandat de dépôt en juillet 2025, à l’issue d’un séjour privé dans le pays.

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Avec notre correspondante à Abidjan, Bineta Diagne

La justice en Côte d’Ivoire reproche à Mahamadou Hawa Gassama des propos tenus en 2022. Notamment, une déclaration dans laquelle ce responsable du Conseil national de transition (CNT) malien affirme que « le président ivoirien est l’ennemi du Mali ».

Boubou bleu foncé, aux côtés de son interprète, Mahamadou Hawa Gassama reconnaît immédiatement les faits. « J’ai reconnu les vidéos, j’assume », dit-il. « Je présente des excuses à mon grand frère Alassane Ouattara et à tous les Ivoiriens », ajoute ce responsable politique. « Je ne savais pas que ça pouvait blesser », assure-t-il. Ce responsable du Conseil national de Transition dit avoir écrit au Président ivoirien pour présenter des excuses. 

La décision du juge « sera scrutée à Bamako »

Des excuses que le procureur juge « tardives » et « inacceptables pour une personne de son rang ». Le parquet rappelle avoir mené une campagne de sensibilisation pour que les citoyens tiennent des propos responsables sur les réseaux sociaux. « Tout propos méprisant à l’encontre des institutions ou du président sera sanctionné avec la dernière énergie », insiste-t-il. Le procureur requiert cinq ans de prison ferme et 500 000 francs CFA (environ 760 euros) d’amende.

« Son repentir n’est pas tardif », répond un avocat de la défense, qui appelle à la clémence. « J’ai quand même été surpris par la réquisition du procureur. Cinq ans de prison, c’est énorme. C’est vrai que c’est une offense au chef de l’État, c’est une faute extrêmement grave, c’est une atteinte à l’honneur et à la dignité. Mais derrière ça, il ne faut pas envenimer les choses. Il y a quand même le contexte politique entre les deux pays », déclare Maître Ismaïla Konaté, rappelant que la décision du juge « sera scrutée à Bamako et fera du bruit ».

L’affaire a été mise en délibéré au 30 janvier 2026.

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