Cameroun: pas de libération provisoire pour les plus de 140 détenus de la crise post-électorale

Plus de 140 détenus de la crise post-électorale d’octobre 2025 ont comparu devant le tribunal militaire de Yaoundé hier, mardi 8 janvier. En détention préventive depuis plus de 2 mois, ils sont jugés pour « propagation de fausses nouvelles, attroupement, rébellion en groupe et défaut de carte d’identité » pour avoir participé aux manifestations de protestations contre les résultats annoncés de la présidentielle du 12 octobre dernier. La cour n’a pas donné suite à la demande de libération provisoire formulée par le collectif d’avocats.

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Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena

L’audience était particulièrement tendue. Les familles, impatientes de retrouver leurs proches, n’ont pas apprécié le nouveau renvoi qui était déjà inscrit au rôle à leur arrivée, avant même le début du procès. Des proches de détenus s’insurgent contre cette pratique. « Ça nous dérange, ils nous manquent à la maison, mais on supporte seulement. Nous sommes fatigués. Ça nous touche dans notre cœur. »

Le mois dernier, une trentaine de prévenus avait été libérée contre caution et, sous garantie, ils comparaissent libres aujourd’hui. Un deux poids, deux mesures qui passe mal pour Maître Ndam, un des avocats du collectif. « C’est une incongruité que nous avons soulignée devant le tribunal, parce que certaines personnes ont été libérées alors qu’elles ont été arrêtées dans les mêmes conditions, leurs dossiers ont connu le même traitement, certains comparaissent libres, d’autres non. Nous nous sommes appuyés sur cet argumentaire pour demander la libération de tout le monde sans condition. »

Me Eric Mbah, le bâtonnier présent à l’audience, estime quant à lui que la procédure est lente, « surtout en matière de flagrant délit » :« Flagrant délit, c’est lorsque l’on t’arrête, le lendemain tu es devant le juge d’instruction et après deux jours tu es devant la barre. Donc, là c’est lent.»

Les avocats ont également demandé au tribunal militaire de se déclarer incompétent, le jugeant illégal en raison des charges retenues contre les manifestants de la crise post-électorale. Prochaine audience : le 12 février 2026.

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