Agenda cultures africaines: festivals, films et expositions incontournables en janvier 2026

À Ouidah, Sokodé, Paris, Singapour, Los Angeles, Toledo, Montreuil, Cabestany, Ouagadougou, Biarritz, Yaoundé, Bruxelles, Clermont-Ferrand… en salles ou en plein air, voici un tour d’horizon des temps forts de la culture afro ou africaine à ne pas manquer en ce mois de janvier. N’hésitez pas à nous envoyer vos prochains évènements culturels « incontournables » à l’adresse rfipageculture@yahoo.fr.
Le 7 janvier sort sur les écrans en France Rien n’est oublié. Réalisé par Andréa Ceriana Mayneri, spécialiste de la Centrafrique, et l’auteur-réalisateur Edie Laconi, le documentaire plonge dans le musée national à Bangui, capitale de la Centrafrique. « L’imposante bâtisse coloniale porte toujours les marques du saccage survenu lors du dernier coup d’État. Ici, la question de la restitution des biens culturels n’est pas d’actualité : depuis de longues années, une grande partie des collections repose dans des caisses en bois, ou se décompose sur des ététagères,t le pays et ses populations demeurent soumis à l’arbitraire des armes. »
Au Bénin, du 8 au 10 janvier, la cité historique d’Ouidah sera à nouveau la capitale internationale de la célébration du Vodun. À l’affiche de Vodun Days : « des danses du Vodun Hounvè aux sorties des Zangbétos et des Egungun, sans oublier la procession en l’honneur des divinités, jusqu’aux concerts en plein air, sur le bord de mer, rythmés par des artistes… »
Les 9 et 10 janvier, la ville de Sokodé, au Togo, accueille la troisième édition du Festival international du cheval (Festics). Des cavaliers de tout le Togo et des pays voisins sont attendus au centre du pays pour rendre hommage à « l’excellence équestre et aux traditions ancestrales du peuple Tem ». Soirée équestre, course de chevaux et compétition seront au programme, « dans une atmosphère de passion et de fraternité ».
La galerie Anne de Villepoix présente actuellement à Paris Dans la Splendeur de la nuit. Une découverte d’œuvres de nombreux artistes afrodescendants : Leslie Amine, Noel Anderson, Atsoupé, Omar Ba, Bouvy Enkobo, Yashua Klos, Franck Lundangi, Godwin Champs Namuyimba, Xiomara de Oliver, Barthélémy Toguo… « On mesure à quel point ils s’efforcent fréquemment de rendre justice aux victimes du destin de l’Histoire occidentale. »

Le 10 janvier est la clôture des candidatures pour la première édition de Kessa Africa. « Kessa » signifie « histoire » en arabe et dans plusieurs dialectes africains. L’initiative est née d’une conviction simple : « raconter l’Afrique autrement, c’est déjà la transformer ». Il s’agit de révéler des récits puissants qui inspirent, bousculent les perceptions et montrent une Afrique en mouvement. Initiative conjointe d’UM6P Story School et de la French-African Foundation. L’annonce des 30 lauréats aura lieu le 23 février 2026.
À partir du 12 janvier, la collection Pierre Lorinet présente, dans le cadre de la Singapore Art Week 2026, Digging Stars, « une nouvelle série d’œuvres à base de tissus, de collages, de photographies et de vidéos qui retracent l’héritage matériel du colonialisme, du postcolonialisme et de l’industrialisation au Ghana. » C’est la première exposition solo d’Ibrahim Mahama en Asie du Sud-Est. L’artiste ghanéen est arrivé en 2025 en tête du classement Power 100 d’ArtReview.
Entre le 12 et le 16 janvier, l’Académie des Oscars annoncera la liste finale des nominations pour les Oscars 2026. Dans la catégorie Film international se trouve jusqu’ici La Voix de Hind Rajab (The Voice of Hind Rajab) de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania.
Le 14 janvier sort Furcy, né libre, le second film réalisé par le rappeur Abd Al Malik. L’histoire se déroule sur l’île de La Réunion en 1817. Makita Samba, acteur français d’origine congolaise, incarne l’esclave Furcy découvrant à la mort de sa mère des documents témoignant qu’il a le droit d’être un homme libre.

Avec Africa Unmasked, le Toledo Museum of Art rend hommage à soixante-cinq ans de collection et d’exposition d’art africain dans cette ville américaine. L’évènement montre la collection permanente à la fois comme un exemple de l’innovation africaine et comme le prolongement de l’évolution des idées euro-américaines sur la culture africaine : « des œuvres koushites et contemporaines juxtaposent des sculptures, des textiles et des peintures du XVIIIe au XXIe siècle afin de capturer et de refléter le continent comme un champ dynamique de maîtrise artistique, du nord au sud, de l’Antiquité à nos jours ».
Au Théâtre Public Montreuil, à partir du 14 janvier, la metteure en scène et autrice française d’origine malienne et ivoirienne et française Eva Doumbia poursuit avec sa pièce Chasselay et autres massacres sa trilogie commencée en 2024. « Elle nous raconte l’histoire bouleversante des tirailleurs dits « sénégalais « de 1940. À partir de sa découverte du cimetière de Chasselay et de ses 196 tombes de soldats venus des colonies africaines et tués par l’armée allemande, Eva Doumbia imagine une œuvre polyphonique où les récits des combattants se mêlent à ceux des villageois·es qui n’avaient alors jamais vu d’hommes noirs de leur vie. »
Du 15 au 25 janvier, le festival Cinéma des Suds, si loin… si proches défend à nouveau les cinématographies de l’Afrique et du Moyen-Orient. Présent sur 15 sites de l’Aude et des Pyrénées-Orientales en France, l’évènement programme, entre autres, Le Sang et la Boue, de Jean-Gabriel Leynaud, Bande-son pour un coup d’État, de Johan Grimonprez, Bin U Bin, Ailleurs la frontière, de Mohamed Lakhdar Tati, Promis le ciel, de Erige Sehiri…
Les 16 et 17 janvier aura lieu la 11e édition du Soko Festival à Ouagadougou, au Burkina Faso. Ce Marché des Arts de la scène et du spectacle vivant ouest-africain facilite les rencontres professionnelles permettant aux artistes de « booster leur carrière à l’échelle internationale ».

Lors de son édition 2026, du 23 au 31 janvier, le Fipadoc à Biarritz présentera près de 180 œuvres documentaires sous toutes ses formes : cinéma, télévision, courts métrages, séries, expériences numériques, podcasts. Le plus grand rendez-vous international de documentaires en France pour le public et les professionnels affiche des œuvres de 90 pays et il est aussi chaque année un lieu de rencontres décisif pour les projets autour et venant d’Afrique.
Du 24 au 31 janvier a lieu la 14e édition du Festival international de danse de Ouagadougou (FIDO) au Burkina Faso. Sous le thème « Partage », (« dans le sens de promouvoir les liens entre des peuples du monde ancrés dans leurs diversités »), l’évènement accueille cette année des compagnies d’Afrique du Sud, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, France, Gabon, Ghana, Guinée, Italie, Mali, Nigeria, RDC, Pays-Bas, Sénégal et Tunisie, avec, comme chaque années, des troupes traditionnelles burkinabè (mossi, peulh, gourounsi et gourmantché).
Le 24 janvier aura lieu la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA). Proclamée par l’Unesco en 2019, l’idée est « de promouvoir les contributions des Africains et des afro-descendants à l’évolution du monde. Vu que l’africanité ne se limite à l’aire géographique d’Afrique (car la culture africaine, par le jeu des péripéties de l’histoire, s’est propagée partout dans le monde), la célébration sera étendue aux autres régions du monde ».
Du 25 janvier au 1er février, Yaoundé, la capitale camerounaise, accueille Yarha, la 12e Semaine internationale du premier film. Le festival programme des projections, des conférences, des colloques et le Yarha Découverte Talent.

« Une vision où mémoire, identité et création contemporaine se répondent… » Jusqu’au 25 janvier, la Galerie Africaine propose D’un ailleurs à l’autre. Cette plongée dans l’univers créatif d’une quinzaine de peintres et de sculpteurs retrace « 25 ans de rencontres et de dialogues avec divers artistes du continent africain et de sa diaspora : Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, Congo, Mali, Martinique, Nigeria, RDC, Sénégal, Togo ».
Du 25 janvier au 1er février la Brafa Art Fair à Bruxelles accueille 140 galeries de premier plan originaires de 19 pays. Parmi les chefs-d’œuvre exposés se trouve un masque Dan « deangle », probablement du début du XXe siècle, présenté par la galerie bruxelloise Claes, spécialisée dans l’art africain. Originaires du nord-ouest de la Côte d’Ivoire, les Dan forment un peuple d’agriculteurs et ce masque de type « deangle » se caractérise par « son ovale régulier, sa surface polie, ses yeux étroits, son nez court et sa bouche charnue légèrement entrouverte ».
Du 30 janvier au 7 février, Clermont-Ferrand, au centre de la France, se transforme en capitale mondiale du court métrage. Au-delà de la sélection Regards d’Afrique, avec 6 894 films inscrits et 50 pays représentés, le Festival international affiche aussi cette année une forte présence africaine dans les sélections compétitives.




