Centrafrique: la ville de Zémio, dans le Haut-Mbomou, cible d’une nouvelle attaque

Alors que les résultats des élections présidentielle et législatives du 28 décembre sont attendus d’ici la fin de cette journée du lundi 5 janvier en Centrafrique, la situation reste tendue dans le sud-est du pays en proie à de violents combats entre l’armée et la milice AAKG depuis la semaine dernière.
Publié le : Modifié le :
2 min Temps de lecture
Alors que, depuis la semaine dernière, la préfecture du Haut-Mbomou, dans le sud-est de la Centrafrique, est en proie à de violents combats qui opposent les forces gouvernementales à la milice Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG), un groupe d’auto-défense de la communauté zandé entré en rébellion contre le pouvoir de Bangui, la ville de Zémio a de nouveau été la cible d’une attaque dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 janvier.
Sur les images amateurs qui nous parviennent, on peut notamment voir l’église de la cité transformée en véritable camp de déplacés. La mission catholique a, comme « c’est arrivé dans le passé », ouvert ses « portes à tout un chacun », explique Monseigneur Aurelio Gazzera, évêque de Bangassou.
Deux mille personnes y auraient trouvé refuge ainsi qu’à l’hôpital, selon une source religieuse, tandis que d’autres personnes ont fui en traversant la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) après un weekend de violences dans plusieurs quartiers. Un exode qualifié de « problème » pour Monseigneur Aurelio Gazzera qui estime que « beaucoup de gens ont déjà – ou vont continuer à – passer le fleuve et aller au Congo voisin ».
(Dans) La mission, il n’y a pas beaucoup d’espace, mais comme souvent c’est arrivé dans le passé, ils ouvrent les portes à tout un chacun. Les gros problèmes, c’est que aussi, beaucoup de gens ont déjà – ou vont continuer à – passer le fleuve et aller au Congo voisin. L’autre gros problème, c’est le problème sanitaire parce que l’hôpital a été attaqué. En tous cas, il y a déjà peu de moyens et ça pose vraiment un gros problème. Et, l’autre souci, plus gros, c’est que la région est en train de s’embraser depuis Bambouti qui est à la frontière avec le Sud-Soudan jusqu’à Zemio. Il y a à peu près 350 à 400 kilomètres, et c’est vraiment toute une zone qui est en train de prendre feu.
Monseigneur Aurelio Gazzera, évêque de Bangassou alerte sur la situation à Zémio
Si un calme précaire est revenu et que la Minusca effectue des patrouilles, aucun bilan officiel n’est encore disponible. Des sources évoquent toutefois plusieurs morts et de nombreux blessés du côté des forces gouvernementales et de leurs alliés russes dont les miliciens d’ AAKG réclament le départ, en plus de la libération de leurs leaders emprisonnés.
Quant à la sous-préfète de Bambouti et au gendarme qui a été enlevé avec elle dimanche 28 décembre, jour des élections générales, on est toujours sans nouvelles d’eux.
À lire aussiCentrafrique: inquiétude après l’enlèvement de la sous-préfète de Bambouti



