Est de la RDC: les autorités présentent 15 militaires rwandais arrêtés sur le territoire congolais

En République démocratique du Congo, les autorités affirment détenir de nouveaux éléments attestant de la présence de l’armée rwandaise dans l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, aux côtés des rebelles de l’AFC/M23. Ce samedi 3 janvier, les forces armées congolaises ont présenté aux médias des détenus qu’elles disent être de l’armée rwandaise, liés à la rébellion, arrêtés sur différentes lignes de front. Le groupe comprend également des civils de nationalité étrangère. Une démonstration alors que, sur le terrain, les affrontements se poursuivent. En dépit des initiatives diplomatiques engagées et de la signature récente d’accords censés ouvrir la voie à une désescalade, les armes continuent de parler autour de la ville stratégique d’Uvira.
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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
Crânes rasés et vêtus de tuniques jaunes et rouges de prisonniers, les détenus ont été présentés aux médias. Le lieutenant–colonel Mak Hazukay, le numéro deux du service de communication de l’armée congolaise s’est montré inflexible : « Le Rwanda maintient jusqu’à aujourd’hui son armée sur le territoire congolais. L’occupation jusqu’à aujourd’hui d’Uvira, se trouvant très loin de ses frontières, prouve que la raison des mesures défensives avancées par Kigali est un pur mensonge. »
Le box de militaires présentés est coiffé par un major et un capitaine. Ils sont tous, selon Kinshasa, des officiers de renseignement. Ces derniers ont été interpellés dans les environs de Goma, tandis que d’autres soldats de grade inférieur ont été capturés par l’armée congolaise dans le Sud-Kivu.
Des civils également arrêtés
Des civils ont également été arrêtés. Un ressortissant burundais à Kinshasa, trois autres de même nationalité interpellés à Uvira, un Ougandais dans le Nord-Kivu ainsi que trois Tanzaniens. Ils sont poursuivis pour terrorisme, apologie du terrorisme ou encore espionnage : « Il est observé qu’en manipulant certains ressortissants des pays de la sous-région et des groupes armés comme les Red-Tabara, Kigali cherche à régionaliser le conflit », poursuit le militaire.
Ce n’est pas la première fois que Kinshasa présente des soldats rwandais arrêtés. À chaque occasion, Kigali rejette les accusations. Les autorités rwandaises ne reconnaissent que ce qu’elles qualifient de « mesures défensives » pour se protéger contre des rebelles hutus FDLR et d’autres forces hostiles.
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Mais cette fois, le gouvernement rwandais a dénoncé un « mensonge d’État ». Olivier Nduhungirehe, ministre des Affaires étrangères, a affirmé qu’aucun militaire de la Force rwandaise de défense (RDF) « n’a été arrêté au Congo ou présenté à la presse » à Kinshasa. « Il s’agit d’un théâtre médiocre auquel même ses metteurs en scène ne croient. »
Selon ce membre du gouvernement rwandais, l’un des prétendus militaires RDF, a déjà été présenté « le 16 février 2024 comme un soldat RDF originaire d’un endroit appelé Kayonza et sans numéro de matricule et portant un uniforme militaire flambant neuf ». En organisant cette présentation, Kinshasa a agi « d’une façon extrêmement médiocre ».



