Centrafrique: inquiétude après l'enlèvement de la sous-préfète de Bambouti

En Centrafrique, cela fait exactement une semaine que la famille de Koumba Ndiaye est sans nouvelles d’elle. La sous-préfète de Bambouti, dans le Haut-Mbomou, au sud-est du pays, a été enlevée le 28 décembre dernier, le jour même de la tenue des élections générales dans le pays, avec un gendarme ainsi qu’un agent électoral tué depuis. À Bangui, l’inquiétude grandit chez son entourage proche. 

Publié le : Modifié le :

3 min Temps de lecture

En Centrafrique, Zémio a été de nouveau la cible d’une attaque dans la nuit du 4 au 5 janvier 2026. Selon les informations de RFI, après un week-end de violences, des attaques coordonnées ont de nouveau ciblé plusieurs points de Zémio, entre minuit et 3h du matin, laissant place à un calme précaire, ponctué par les patrouilles de la Mission de l’ONU dans le pays (Minusca).

Le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter et, avec eux, les besoins humanitaires : plusieurs centaines de personnes ont trouvé refuge au niveau de l’hôpital, mais aussi de l’église catholique, tandis que d’autres ont fui de l’autre côté de la frontière vers la RDC.

Aucun bilan officiel n’est disponible mais des sources évoquent plusieurs morts et de nombreux blessés du côté des forces gouvernementales ainsi que de leurs alliés russes, dont les AAKG réclament le départ de la région ainsi que la libérations de leurs leaders emprisonnés.

« On a aucune nouvelle d’elle » de la sous-préfète Koumba Ndiaye

tout a commencé dimanche 28 décembre lorsque les miliciens de l’Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) ont perturbé la tenue des élections générales dans la ville de Bambouti, frontalière du Soudan du Sud. Très tôt le matin-là, les hommes du groupe d’autodéfense issu de la communauté Zandé, allié du pouvoir de Bangui et formé avec l’appui de mercenaires russes du groupe Wagner, ont pris le contrôle de cette ville frontalière avec le Soudan, empêchant le déroulement du scrutin. Si les forces armées centrafricaines et leurs alliés ont repris la localité quelques heures plus tard, les assaillants sont repartis avec deux otages : un gendarme et la sous-préfète, toujours détenus à ce jour.

Une semaine plus tard, le silence pèse dans la concession de la famille Ndiaye. Sur des nattes alignées, les membres de la famille sont assis côte à côte, sans croiser de regards. Les traits sont fermés, marqués par l’épuisement et les nuits sans sommeil, observe notre correspondant à Bangui, Rolf Steve Domia-Leu. Quelques larmes glissent en silence, sur le visage de Frédérique Sénégo, l’une des filles de la sous-préfète enlevée. 

« On a aucune nouvelle d’elle. La dernière fois où on a eu à écouter sa voix, c’est dans notre groupe familial sur WhatsApp. Elle nous a fait une note vocale dans laquelle elle disait qu’elle était en sécurité. Mais, quelques jours après, on a essayé de la joindre en vain, on n’a pas pu avoir de ses nouvelles. En tant que sa fille, mon cœur est rempli de tristesse, mon cœur est rempli de pleurs ».

À lire aussiCentrafrique: région «stratégique», le sud-est du pays secoué par des affrontements entre l’armée et la milice AAKG

Une région secouée par des affrontements récurrents

À Bambouti, dans le Haut-Mbomou, l’insécurité est marquée ces dernières années par des affrontements récurrents entre les rebelles de l’UPC et les milices Azandé Ani Kpi Gbé. Malgré les efforts de la Minusca, des Forces armées centrafricaines et de leurs alliés pour stabiliser la zone, la situation demeure volatile. « Depuis 22 ans, aucune autorité de l’État n’est envoyée dans cette ville » indique Lena monGbokoli, une membre de la famille de la sous-préfète.

« Elle [la sous-préfète Ndiaye Koumba, NDLR] est venue plusieurs fois dénoncée l’insécurité qui existe dans cette localité et la présence massive des rebelles. Elle a dénoncé ça plusieurs fois aux autorités de Bangui mais personne n’a réagi. On ne sait pas dans quel état d’âme elle est. On ne sait pas si elle est vivante ou morte. Tout le monde est affaibli ».

Pas de réaction officielle du gouvernement. Toutefois, selon une source gouvernementale, une mission a déjà été dépêchée sur le terrain pour tenter de les retrouver.

À lire aussiCentrafrique: un «retour au dialogue» entre le gouvernement et la milice AAKG est «urgent»

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
Close