2026, de Kiev à Gaza, les incertitudes!

La prédiction est un exercice trop risqué. On ne peut s’y essayer impunément. Surtout instruit par ce qu’on peut, prosaïquement, appeler le précédent du général de Gaulle. Dans ses vœux aux Français, pour 1968, De Gaulle, avec sa voix de stentor, annonce : « C’est vraiment avec confiance que j’envisage pour les douze prochains mois l’existence de notre pays ». Puis, cinq mois après, survenait « Mai 68 ». Alors, par prudence, faisons plutôt une revue de deux gros dossiers qui ont occupé 2025 en considérant les faits.
L’Ukraine connaîtra-t-elle enfin la paix en 2026 ?
Même les plus indécrottables optimistes sont réservés. Au regard du processus qu’on a vu se dérouler ces douze derniers mois, il est établi que Poutine veut la paix à ses conditions et ses conditions sont connues ; une capitulation sans condition de l’Ukraine et l’installation à Kiev, d’un régime pro Moscou. Sauf, qu’il n’est pas certain qu’il s’en satisfasse. Depuis le précédent de la Géorgie, (l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie) en 2008, Poutine est connu pour ne respecter ni sa parole ni sa signature. Entièrement à son obsession ; Poutine ne désespère pas de restaurer l’Union soviétique, dont « l’effondrement, dit-il, (…) a été la plus grande catastrophe géopolitique du siècle ». L’avènement au pouvoir de Trump, en 2025, a bien servi ce dessein en sortant Poutine du relatif isolement diplomatique sur la scène internationale et en rabattant les cartes au détriment de Zelensky. Ainsi, à son détriment, Trump, tout à ses illusions, a légitimé une guerre d’agression sans que cela ne crée les conditions de la paix. En ce début d’année, pour l’Ukraine, c’est une grande incertitude, surtout que dans quelques mois Trump sera occupé aux cruciales élections de mi-mandat. Les sondages, pour l’instant, ne lui sont pas favorables et les revers s’accumulent.
Le plan Trump pour Gaza, se met en place comme prévu, du moins jusque-là…
Grosso modo le processus tient. La fin de l’année 2025, de l’avis général, a été moins sanglante. Mais c’est loin d’être encore la paix. Plusieurs centaines de Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier. Il faut, à présent, passer à la phase B. Netanyahu, qui y est réticent, était à Mar-à-Lago, le palais d’hiver de Trump, le 29 décembre, pour en discuter les modalités. Pour s’éviter des réprimandes publiques, il a su flatter l’immense ego de Trump avec « le Prix d’Israël », la plus haute distinction civile de l’État hébreu. Et cela a plus que marché ! Oublié les remontrances, Corbeille de dithyrambes pour Bibi, désormais estampillé : « un homme sans qui Israël n’existerait plus aujourd’hui ». Un excellent slogan, pour les difficiles élections à venir en Israël auxquelles, Netanyahu est, bien sûr, candidat.
Pour Gaza, le Premier ministre israëlien pourra-t-il maintenir et pérenniser une présence militaire, au risque de compromettre le début de la phase B ? Le retrait militaire total, de l’enclave palestinienne était, dans le plan, la condition pour que s’enclenche la phase B.
Enfin, la mère des convoitises ; la reconstruction de Gaza. Netanyahu veut qu’elle commence dans les zones sous son contrôle. Le business avant la mise en place des institutions de la transition : la Force de stabilisation et l’Autorité International de Transition. Le Conseil de sécurité des Nations unies, le 17 novembre a donné son quitus.
Mais c’est connu, les résolutions onusiennes ont plus compliqué que facilité la résolution de cette crise. Le Hamas a déjà prévenu qu’il n’en voulait pas. Même considérablement affaibli, il garde les moyens, à l’image de la vieille tabatière du dicton africain, suffisamment de tabac pour faire éternuer le processus.



