CAN 2025: coup de chaud, cauchemar mondial, fiasco… Le lourd passif entre la Tunisie et le Mali

Pour la sixième fois en moins de cinq ans, les sélections de la Tunisie et du Mali vont s’affronter. Les Aigles de Carthage ont rendez-vous avec les Aigles maliens, samedi 3 janvier à Casablanca, en huitièmes de finale de la CAN 2025. Des retrouvailles qui font ressurgir certains précédents matchs épiques aux scénarios assez dingues.

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De notre envoyé spécial,

C’est une affiche en passe de devenir un classique. Ces dernières années, Tunisiens et Maliens ne se quittent plus. Ces deux équipes ont croisé le fer lors des CAN 2022 et 2024, ainsi qu’en amical et qu’en éliminatoires de la Coupe du monde 2022 ; soit cinq confrontations depuis juin 2021.

Avant le huitième de finale Tunisie-Mali de la CAN 2025 ce 3 janvier, retour sur trois précédents matches qui ont fait couler beaucoup d’encre… et même des larmes.

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Le cauchemar de Sissako à Bamako – Éliminatoires Mondial 2022

C’est un match que le malheureux Moussa Sissako n’est pas près d’oublier. Jamais le Mali n’avait été aussi proche d’un billet pour la Coupe du monde de football. Après un brillant parcours, les Aigles se retrouvent face à la Tunisie pour une double confrontation dont l’enjeu est l’un des cinq tickets africains pour le Mondial au Qatar. Le 25 mars 2022, le Mali accueille donc les Tunisiens.

Au Stade du 26 mars, à Bamako, le jeune Moussa Sissako, 21 ans, vit un calvaire. D’abord, le défenseur central envoie une passe en retrait trop forte vers son gardien… et le ballon termine sa course au fond des filets. Un but gag inscrit contre son camp à la 36e minute, suivi par une expulsion directe quatre minutes plus tard.

Le Mali ne s’en relève pas. La Tunisie l’emporte à l’aller à Bamako (1-0), et les deux équipes restent dos à dos au retour à Tunis (0-0). Les Aigles de Carthage valident ainsi leur qualification pour le Mondial 2022. Moussa Sissako, lui, n’a plus joué sous le maillot malien depuis ce désastre.

Tom Saintfiet, le sélectionneur du Mali, a déclaré, à la veille du huitième de finale, que le souvenir de ce match éliminatoire ne hante pas son groupe : « Il y a beaucoup de nouveaux joueurs dans l’équipe. On l’a renouvelée, il y a beaucoup de jeunes joueurs qui font leurs débuts. (…) C’est dommage pour le Mali de n’avoir pu être à la Coupe du monde 2022. Mais c’est du passé. Maintenant, on joue la CAN avec une nouvelle équipe, une nouvelle structure, un nouvel entraîneur. Et on doit tout faire pour rester dans le tournoi. »

Le coup de chaud de l’arbitre Sikazwe – CAN 2022

Les images ont fait le tour du monde et suscitent encore des moqueries. Pourtant, quand on sait ce qui est arrivé à Janny Sikazwe, il n’y a pas vraiment de quoi rire. L’arbitre zambien a été le personnage principal de ce Tunisie-Mali, premier match du groupe F de la CAN 2022 au Cameroun, à Limbé.

Sur le terrain, les Maliens mènent depuis la 48e minute et un penalty marqué par Ibrahima Koné. Les Tunisiens, eux, essayent de recoller au score alors que le temps s’égrène. Et d’un coup, à la 85e minute… coup de sifflet final. L’arbitre M. Sikazwe décide de renvoyer tout le monde aux vestiaires trop tôt. Immédiatement, les Aigles de Carthage protestent, et après un temps de flottement, le match reprend… pour être à nouveau arrêté à la 89e minute par un Janny Sikazwe complètement perdu ! La colère des Tunisiens n’a pas d’effet sur l’homme au sifflet, sorti du terrain sous protection.

Une quarantaine de minutes plus tard, le match semble prêt à reprendre, avec un assistant de M. Sikazwe pour officier en arbitre principal cette fois. Mais les Maliens ne veulent pas revenir sur le terrain, et leur victoire (1-0) est entérinée malgré une réserve tunisienne. Il sera révélé que Janny Sikazwe a été victime d’une insolation durant le match, d’où sa confusion évidente au moment de siffler la fin du match.

Camouflet à Tunis – CAN 1994

Vingt-neuf ans après avoir organisé la CAN pour la première fois, la Tunisie remplace au pied levé le Zaïre (actuelle RDC) pour héberger l’édition de 1994. Pour les supporters tunisiens, cette CAN est un événement très important, d’autant plus que leur équipe a manqué les cinq précédents tournois, et que le souvenir de la finale de 1965 à domicile s’estompe toujours plus.

L’espoir ne vit toutefois pas longtemps. Placés dans le groupe A, les Aigles de Carthage ratent totalement leur envol. Fernand Coulibaly, le n°10 malien, se joue de la défense et trompe Chokri El Ouaer dès la 25e minute. Puis, après un joli numéro de Bassala Traoré, c’est au tour de Modibo Sidibé de s’illustrer : sur le coup franc obtenu par son coéquipier, le défenseur envoie une frappe surpuissante sous la barre transversale (35e).

Cette défaite inaugurale précipitera la chute des Tunisiens dans une poule à trois équipes. Lors de leur second match, ils ne feront guère mieux qu’un match nul 1-1 face au Zaïre. Les Aigles de Carthage termineront ainsi derniers du groupe A avec un seul point, tandis que Zaïrois et Maliens se hisseront au tour suivant. Ces derniers iront même jusqu’en demi-finale.

Historiquement, la Tunisie n’a jamais battu le Mali en CAN. Une information bien peu importante aux yeux du milieu malien, Mamadou Sangaré, avant la confrontation de Casablanca : « Ce sont juste des chiffres. Nous sommes concentrés sur nous et sur ce que nous devons faire. » Le joueur du RC Lens « sait que ça ne sera pas un match facile ». « Pour nous, chaque match est une finale maintenant », conclut-il.

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