Centrafrique: «Ces élections se sont déroulées dans des conditions moyennement acceptables»

Les observateurs de l’Union africaine ont qualifié le 30 décembre 2025 d’« élections apaisées » le quadruple scrutin – présidentiel, législatif, régional et municipal – organisé dimanche en Centrafrique, où le chef de l’État sortant, Faustin-Archange Touadéra, 68 ans, brigue un troisième mandat. Le directeur exécutif du Centre centrafricain de recherche et d’analyse géopolitique (CCRAG), lui, affirme « que ces élections sont entachées d’un certain nombre d’irrégularités ».

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En Centrafrique, la compilation des résultats est en cours après le quadruple scrutin du 28 décembre 2025. Côté pouvoir, on estime que cette journée électorale est un succès et que l’organisation a été au rendez-vous. Les opposants, eux, dénoncent de multiples dysfonctionnements et demandent des corrections à l’autorité électorale (ANE), en attendant de futures saisines du Conseil constitutionnel.

L’ANE doit annoncer les résultats globaux provisoires au plus tard le 5 janvier. Pour le directeur exécutif du Centre centrafricain de recherche et d’analyse géopolitique (CCRAG) Paul-Crescent Beninga, ces élections ont été préparées dans la précipitation. Il espère que les leçons seront tirées en vue de futurs scrutins.

« J’ai vu l’autorité électorale intervenir comme un médecin après la mort »

« Les élections se sont déroulées dans des conditions moyennement acceptables, estime-t-il auprès de notre envoyé spécial à Bangui, François Mazet. Il y a une multitude de dysfonctionnements, des tentatives de fraudes également. Donc, on voit qu’il y a quand même ces faits-là, qui laissent penser effectivement que ces élections sont entachées d’un certain nombre d’irrégularités. »

Il poursuit : « Je vous donne un exemple simple : en temps normal, les représentants des candidats doivent avoir des copies des procès-verbaux et des feuilles de résultats. Maintenant que ça n’a pas été le cas, qu’est-ce qu’on fait ? J’ai vu l’ANE intervenir comme un médecin après la mort, et je pense que ce sont des arguments qui, normalement, peuvent prospérer devant le Conseil constitutionnel. Et donc il y a beaucoup de choses à tirer, à corriger. »

Paul-Crescent Beninga conclut : « Nous osons croire et espérer que les gens auront le sens du bien commun et vont s’asseoir tous autour d’une table pour en parler, afin effectivement de mieux préparer les élections, avec des textes qui assument nos réalités, à la fois sociales et anthropologiques, de nos sociétés. »

Dimanche, la République centrafricaine (RCA) a vécu une journée électorale inédite. Près de 2,4 millions de Centrafricains étaient appelés aux urnes pour un quadruple scrutin : l’élection du président de la République, des députés, des conseillers municipaux et des représentants régionaux.

Les observateurs de la société civile ont jugé « faible » l’affluence générale. La mission de la société civile Réseau Arc-en-ciel – soutenue par EISA, l’institut électoral sud-africain, et l’Union européenne – constituait le principal et le plus crédible contingent d’observateurs de ces scrutins. Elle a noté un déroulement général dans le calme ainsi qu’un certain nombre de dysfonctionnements, notamment liés à la liste électorale qu’elle avait appelé à revoir correctement avant les scrutins.

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