Ile Maurice: Deux médailles, deux parcours – Noemi et Anaïs au sommet

Cette année encore, le para-athlétisme mauricien a fait honneur au pays en brillant lors des Championnats du monde de New Delhi, en Inde. Une compétition où le cœur des Mauriciens a vibré à l’unisson avec nos héros locaux, auteurs de deux médailles : une en or et une en argent. L’histoire retiendra notamment la superbe revanche de Noemi Alphonse ainsi que la confirmation d’Anaïs Angeline.
Après avoir décroché ses premières médailles lors des Championnats du monde de Paris en 2023, puis à Kobe aux Jeux paralympiques de Paris 2024, le para-athlétisme mauricien se devait de confirmer son statut de nation émergente lors des Mondiaux de New Delhi (27 septembre-5 octobre). Pourtant, à la surprise générale, nos représentants auraient pu ne pas être du voyage pour cette édition.
En effet, bien que 12 athlètes aient obtenu leur qualification officielle pour ces Mondiaux, la délégation est restée dans le flou pendant plusieurs mois. Faute de moyens alloués par les instances dirigeantes, para-athlètes et entraîneurs ne savaient pas s’ils allaient pouvoir y participer. À tel point qu’une demande avait été formulée auprès des autorités afin de sélectionner uniquement les paraathlètes ayant le plus de chances de médaille, seuls ceux-ci devant bénéficier d’un financement pour leur participation.
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Ce n’est qu’au début de septembre que la situation s’est débloquée, lorsque le ministère de la Jeunesse et des Sports a accepté de prendre en charge la majeure partie des frais de déplacement de la délégation mauricienne. Malgré ces incertitudes et une préparation affectée par le manque de financement, nos para-athlètes sont partis à l’assaut avec les moyens du bord, cette fois sans un staff médical adéquat à New Delhi.
Avec un effectif quasi complet, la délégation mauricienne misait tout particulièrement sur trois athlètes pour ramener des médailles : Noemi Alphonse, Anaïs Angeline et Yovanni Philippe. L’an dernier à Kobe, au Japon, Noemi Alphonse avait marqué l’histoire en s’adjugeant le tout premier titre de championne du monde du para-athlétisme mauricien grâce à sa victoire sur le 100 m T54.
Elle avait également été sacrée vice-championne du monde du 400 m T54. Anaïs Angeline, de son côté, avait été couronnée vicechampionne du monde au saut en longueur T37. Enfin, Yovanni Philippe était lui aussi très attendu après sa médaille de bronze au 400 m T20 lors des derniers Jeux paralympiques de Paris.
Première à entrer en action au stade Jawaharlal Nehru, Anaïs Angeline a montré la voie. Engagée en finale du saut en longueur T37, la Mauricienne a réédité son exploit de Kobe en conservant son titre de vice-championne du monde. Avec un bond de 4,59 m réalisé à son cinquième essai, elle décroche la médaille d’argent tout en établissant un nouveau record d’Afrique. Elle améliore de neuf centimètres sa performance de 2024 à Kobe et termine derrière la Chinoise Wen Xiaoyan (5,32 m), qui signe un doublé après ses 5,42 m de l’an dernier. La troisième place est revenue à l’Américaine Jaleen Roberts (4,53 m).
La belle revanche de Noemi Alphonse Le gros coup dur pour le camp mauricien est survenu lors de la troisième journée. Aligné en demi-finale du 400 m T20, Yovanni Philippe a connu une terrible désillusion en se tordant la cheville à 200 mètres de l’arrivée. Ressentant une vive douleur en pleine course, le Mauricien a dû s’arrêter net, mettant fin à ses chances de médaille sur ces Mondiaux. Une cruelle désillusion pour le médaillé paralympique, déjà disqualifié lors des séries au Japon l’an dernier pour avoir mordu la ligne d’un autre couloir dans un virage.
∎ Anaïs Angeline et Noemi Alphonse accueillies par leurs parents à l’aéroport.
Sacrée l’an dernier à Kobe, devenant ainsi la première médaillée d’or mauricienne aux Mondiaux de para-athlétisme, Noemi Alphonse a bravé les intempéries lors de la session nocturne de la 6e journée afin de reconquérir son titre de championne du monde du 100 m T54. Malgré son sacre à Kobe, la Mauricienne avait traversé une période difficile après la grande déception des Jeux paralympiques, où elle avait terminé au pied du podium dans cette même épreuve.
En débarquant à Paris, la Mauricienne n’était guère favorite pour retenir son titre mondial d’autant plus que la championne paralympique, la Belge Léa Bayekula elle avait annoncé la couleur en remportant son tout premier titre mondial au 400m avant de battre le record des Mondiaux au 100m en 15s93. Auteur d’un chrono de 16s11, Noemi Alphonse avait la boule au ventre au moment d’aller affronter son destin en finale de cette épreuve. Toutefois, c’est dans ces moments que l’on reconnaît la carrure des plus grands !
Si la pluie avait causé la compétition à être repoussé, au moment de se présenter sur la ligne de départ, la Mauricienne était focalisée sur son objectif et avait les regards fixés sur celui-ci. Dès les premiers mètres, la protégée de Jean Marie Bhugeerathee a démontré toute sa puissance et son explosivité en prenant une avance considérable pour ne plus jamais être rattrapé. Elle a filé vers l’or, accrochant son meilleur chrono de la saison, 16s07. Une belle rédemption pour notre compatriote qui a su rebondir après cette grosse déception lors des Jeux paralympiques.
Au-delà des médailles, d’autres performances marquent les esprits. Roberto Michel s’est distingué en battant le record de Maurice sur 100m T34 en demi-finale (14s93, vent +1.3 m/s). S’il échoue au pied du podium en finale, sa progression illustre le potentiel d’une nouvelle génération qui pousse derrière les figures établies.



