Au Nigeria, le kidnapping est désormais un business florissant

Au Nigeria, le dernier événement à faire les gros titres est l’enlèvement de 28 personnes qui voyageaient dans l’État de Plateau, dimanche 28 décembre. Leurs proches ont fait savoir que les geôliers demandent l’équivalent de 880 euros par tête pour leur libération. Lors de son discours de fin d’année mardi 23 décembre, le directeur du Centre national de lutte antiterroriste, le major général Adamu Laka, a regretté que le paiement des rançons demeure une source importante de financement pour les groupes terroristes qui opèrent au Nigeria.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Plusieurs arrestations ont eu lieu et des poursuites ont été engagées contre des personnes impliquées dans le versement de rançons et le financement du terrorisme au Nigeria, selon le major général Adamu Laka. Le directeur du Centre national de lutte antiterroriste (NCTC) pointe en particulier la responsabilité des « points de vente » (POS), soit des milliers d’agents munis de terminaux bancaires, qui permettent aux Nigérians de retirer du liquide, de payer leurs factures ou de transférer de l’argent, sans passer par une banque traditionnelle.
Ces agents opèrent souvent dans des environnements ruraux ou informels, sans réelle supervision. « Les opérateurs de terminaux bancaires publics sont au cœur du problème. Lorsqu’une victime transfère l’argent d’une rançon à un terroriste, et qu’on regarde le numéro de compte, souvent c’est celui d’un agent de paiement, déplore Adamu Laka. Les kidnappeurs vont donner le numéro de compte d’un terminal bancaire public, où l’argent va être transféré et ensuite, ils viennent le récupérer. »
« Certains organisent même leur propre kidnapping »
Le kidnapping est vu de plus en plus comme une façon de se faire de l’argent rapidement au Nigeria, a encore regretté le directeur du NCTC. « J’ai vu des situations où un garçon s’arrange avec un de ses amis pour que celui-ci le kidnape, pour soutirer de l’argent à son père par exemple, ajoute-t-il. Certains organisent même leur propre kidnapping ! Avec l’aide de l’intelligence artificielle, qui permet de modifier leur voix pour se faire passer pour un terroriste, par exemple, ils empochent l’argent et réapparaissent ensuite. »
Les autorités nigérianes sont aussi en contact avec les plateformes TikTok, Instagram, Snapchat, Facebook et X, sur lesquelles les bandits ou les terroristes postent régulièrement des vidéos montrant leur arsenal ou vantant leurs opérations.
À lire aussiNigeria: plus de 200 élèves restent détenus dans la brousse depuis leur enlèvement fin novembre



