Transferts d’armes au Soudan: une ONG saisit la CPI pour que «la responsabilité du Tchad soit établie»

Priority Peace Sudan a déposé lundi 15 décembre 2025 un signalement à la Cour pénale internationale (CPI) contre des hauts responsables de l’État tchadien. Selon l’un des avocats de cette ONG soudanaise, celle-ci cherche à « voir la responsabilité du Tchad établie, compte tenu de sa participation à l’effet de transfert et d’acheminement de matériels militaires » au Soudan, pays en guerre depuis avril 2023. Le gouvernement dénonce une «volonté de nuire» au Tchad. 

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Une ONG soudanaise, Priority Peace Sudan, a saisi lundi la CPI contre des hauts responsables de l’État tchadien. C’est ce que révèlent nos confrères du média Africa Intelligence.

Parmi ces hauts responsables tchadiens, le président Mahamat Idriss Déby et des responsables de l’Agence nationale de sécurité de l’État (Anse). L’ONG les accuse de complicité de crimes internationaux avec, entre autres, l’acheminement d’armes en provenance des Émirats arabes unis auprès des Forces de soutien rapide. Armes qui transiteraient par la base militaire d’Amdjarass, à la frontière soudanaise.

« Nous attendons une enquête préliminaire pour que des investigations aient lieu »

L’ONG demande à la CPI de lancer une enquête préliminaire. « Tout le sens de cette plainte, c’est véritablement de voir la responsabilité du Tchad établie, compte tenu de sa participation à l’effet de transfert et d’acheminement de matériels militaires qui servent aujourd’hui à la commission de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre au Soudan », explique l’un des avocats de l’organisation, Me Vincent Brengarth.

L’avocat poursuit : « De façon extrêmement concrète, on attend dans les prochains mois de la part de CPI qu’elle déclare notre signalement recevable et qu’elle en tire toutes les conséquences. Toutes les conséquences qui doivent s’imposer pour nous, c’est l’ouverture d’une enquête préliminaire pour que des investigations puissent avoir lieu. Cette enquête préliminaire nous semble d’autant plus légitime, compte tenu des investigations qui sont déjà en cours, concernant les agissements des FSR. Mais cette fois, eh bien encore une fois, on parle de la question de la complicité de hauts-responsables du régime tchadien pour permettre aussi le soutien stratégique qui est apporté par les Émirats arabes unis et donc le concours apporté par le Tchad à ce soutien stratégique. »

Le gouvernement dénonce une «volonté de nuire» au Tchad

De son côté, le gouvernement tchadien continue de nier toute implication dans le conflit.

« Le Tchad a toujours appelé au dialogue, à la réconciliation et à la paix entre les acteurs politiques soudanais. Donc, cette démarche n’a jamais changé. Le Tchad ne s’est jamais découragé. Et deuxièmement, nous nous posons la question de savoir quelle est cette ONG. On ne la connaît pas. Est-ce qu’elle a été créée pour la circonstance ? », a déclaré à RFI le ministre tchadien de la Communication, Gassim Cherif.

  

C’est un moyen pour nuire d’abord à l’image du chef de l’État et à toutes ces personnalités indexées qui sont jetées comme ça à la vindicte populaire. C’est une insulte pour le peuple tchadien. Nous ressentons cette guerre civile dans notre chair. Il y a des familles endeuillées au Tchad, il y a des familles qui sont touchées par ce conflit-là. Chaque matin, chaque jour que Dieu fait, nous recevons des réfugiés soudanais. Nos forces de sécurité, nos forces de défense et de sécurité passent leur temps, mobilisent toute leur énergie à ce que la frontière entre le Tchad et le Soudan soit sécurisée, à ce qu’il n’y ait pas des incursions depuis le Soudan pour venir inquiéter, pourchasser des réfugiés soudanais au Tchad. Voilà le travail que le Tchad est en train de faire.

Le ministre Gassim Cherif: «C’est un moyen pour nuire d’abord à l’image du chef de l’État et à toutes ces personnalités indexées qui sont jetées comme ça à la vindicte populaire»

François Mazet

La guerre au Soudan entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan et les paramilitaires des Forces de soutien rapide du général Mohamed Hamdane Dogolo dit Hemedti, débutée le 15 avril 2023, a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Elle a provoqué ce que l’ONU décrit comme « la pire crise humanitaire au monde ».

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